À 18 ans, Sébastien Tyack a marqué de son empreinte l’histoire du cyclisme local. En enlevant au mois de novembre la médaille d’argent au contre-la-montre individuel lors des championnats d’Afrique de cyclisme, le coureur a redonné espoir à une discipline qui n’avait que deux porte-drapeau, Yannick Lincoln et Aurélie Halbwachs. Le voilà désormais dans la cour des grands.
En s’élançant pour le chrono, résonnait encore dans sa tête les conseils que lui prodiguait juste avant son ami et coach Yannick Lincoln. On lui avait tellement dit qu’il pouvait tenter un coup qu’il l’a fait. « Je savais qu’il fallait que j’aille vite, que je donne tout. À l’arrivée, c’était payant », lâche Sébastien Tyack.
Ce qui, dans la pratique, lui a donné raison de croire en lui. Et dire qu’il a été rappelé en renfort, suite au désistement d’Aurélie Halbwachs, blessée. « On m’a appelé à la dernière minute », se souvient-il. Son aventure sera teintée d’argent, l’or étant un métal finalement trop dur à aller chercher. « Peut-être que j’aurais pu aller prendre l’or. Mais avec l’argent en poche, c’est déjà bien », sourit-il.
Doit-on encore le présenter après son coup d’éclat ? Pas vraiment, tant le nom de Sébastien Tyack est devenu une référence. Mais qui est-il vraiment ? Il se décrit comme un garçon tout à fait normal, avec des habitudes de jeunes de son âge. « J’ai 18 ans. J’aime la musique, j’aime faire la fête, comme ceux de mon âge. » Sauf que lui est vice-champion d’Afrique juniors à 18 ans.
Son histoire d’amour avec le vélo commence il y a quatre ans. Pensait-il réaliser un tel parcours à ses débuts ? « Oui et non. » Pourquoi oui ? « Parce que j’aime le vélo. C’est plus qu’une passion. » Et pourquoi non ? « Parce que j’ai débuté pour le plaisir. »
Il se souvient de sa première victoire. « Ma première course, je l’ai remportée lors de ma deuxième année chez les minimes. » De ses débuts en 2008 à sa consécration chez les juniors, il glanera deux titres de champion de Maurice et prend du galon. Avec Mathieu Le Blanc, il forme la nouvelle garde autour de Lincoln. Un signe de reconnaissance pour le jeune Tyack.
Parallèlement, il continue la pratique du VTT, une discipline où il s’impose comme l’un des meilleurs. Il trace sa route sur le bitume, où il devient de plus en plus important dans l’effectif. On le retrouve finalement vainqueur à la Maxiclean Cup, vers la mi-saison, au terme d’une course contrôlée par le VCJCC-Bank One.
Arrivent les championnats nationaux sur route en juin, la course à ne pas rater pour lui. Il ne décevra personne. Au troisième tour, il accélère la cadence et s’envole en solitaire vers la ligne d’arrivée, justifiant ainsi son statut de favori. Auparavant, il avait pris la sixième place aux championnats d’Afrique de VTT en mai.
En octobre, il se fait un devoir de gagner, avec Grégory Piat, le Coast 2 Coast MTB Challenge. Sa saison aurait été parfaite s’il n’y avait pas eu une ombre au tableau : un abandon lors de l’Omnicane Southern Tropical Challenge, alors que Piat et lui-même étaient parés du maillot blanc de leaders chez les jeunes.
Maintenant qu’il a goûté à la médaille africaine, va-t-il s’arrêter ? « Non. » Il s’en ira sans doute à la quête d’une autre médaille l’année prochaine. Maurice pourrait en effet abriter les championnats d’Afrique sur route. « Ce serait l’occasion de courir chez moi, voir ce que ça fait de rouler devant son public. »
Derrière sa médaille, il y a tout un monde. Ses parents, ses amis, son sponsor, qui le soutiennent. « J’aimerais dire un grand merci à Specialized, à mes parents et à mes amis. Sans eux, ça ne vaut pas la peine de faire du sport. » S’il compte défendre sa réputation sur le plan africain, il aura aussi à faire face à ses examens du bac. « Je vais lever le pied en début d’année, puis je reviendrai après mes examens. »
D’ici là, il peut encore savourer pleinement cette médaille d’argent, la lueur d’espoir.