À la fin du premier semestre de cette année, la tendance qui se dessine sur le plan de la consommation de produits pétroliers confirme la nette progression de l’essence alors que le volume d’huile lourde vendu sur le marché ne cesse de baisser, probablement en raison de l’absence de décollage sur le plan économique. Avec les derniers chiffres de vente d’essence à la pompe, le cap de 500 000 litres vendu par jour est ainsi sur le point d’être franchi.
Du côté de la State Trading Corporation (STC), le monitoring des habitudes des automobilistes est suivi avec attention en vue d’ajuster les importations de produits pétroliers dépendant de l’évolution du marché. Entre-temps, la STC s’apprête à accuser réception vers le 5 août prochain de la dernière cargaison de produits pétroliers de Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd pour la première année du contrat de trois ans signé l’année dernière. La seule question qui devra être réglée pour la deuxième année demeure la révision de la prime à être payée aux raffineurs indiens au terme des conditions contractuelles arrêtées.
Les derniers chiffres portant sur la consommation pétrolière indiquent la progression de l’essence, qui a pris courbe ascendante ces trois dernières années avec le nombre de nouvelles voitures se joignant à la flotte chaque année. Dans les milieux autorisés, l’on fait comprendre que le cap de la vente de 500 000 litres d’essence par jour, avec un chiffre d’affaires moyen de Rs 26,2 millions, pourrait être bientôt franchi.
Du début de cette année jusqu’à la fin de juin, la vente d’essence à la pompe est de l’ordre de 481 250 litres, soit une progression de plus de 10 % depuis 2012, avec une consommation quotidienne de 440 000 litres. L’année dernière, elle est montée à 455 000 litres, soit une indication que les Mauriciens préfèrent de plus en plus circuler en voiture. La croissance enregistrée au cours des six premiers mois de cette année a été nettement supérieure à l’année dernière.
Par contre, c’est l’inverse qui est constaté au niveau de la vente du mazout. Une baisse de l’ordre de 10 % a été enregistrée au cours de ce premier semestre. Ainsi, chaque jour, la consommation d’huile lourde est de 643 750 litres en moyenne, représentant un chiffre d’affaires de Rs 28,3 millions pour les propriétaires de stations-service. Ce chiffre est en nette baisse comparativement aux 707 500 litres vendus chaque jour en 2012. L’année dernière, la consommation était descendue à 668 750.
Une des raisons expliquant l’évolution à la baisse de l’huile lourde se trouve au niveau de la performance économique en général. « La consommation de gasoil dans l’économie est comme celle du ciment. Elle constitue un indicateur sûr de l’Economic Buoyancy at Grassroot level. Le tonnage d’huile lourde vendu reflète le niveau d’activités dans les entreprises opérant dans le pays », fait-on comprendre dans les milieux économiques avisés alors que le débat se recentre de plus en plus sur la nécessité de relancer la croissance économique après un premier semestre marqué par la morosité.
Prix inchangés depuis 17 mois
D’autre part, la State Trading Corporation réceptionne depuis hier une cargaison de 61 245 tonnes de produits pétroliers du Red Eagle, qui a accosté à Port-Louis. Des 40 084 tonnes de white oil, qui sont actuellement débarquées à la New Oil Jetty, se trouvent 15 000 tonnes de Jet A1 pour le bunkering des avions, 8 174 tonnes d’essence et 16 000 tonnes de gasoil de 50 PPM et de 2 500 PPM. Une cargaison d’un peu plus de 21 000 tonnes de black oil doit être pompée des cuves du Red Eagle vers les installations sur les quais 1 et D.
Par ailleurs, la dernière cargaison pétrolière pour la première année sous le contrat de trois ans avec Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd sera reçue à Port-Louis vers le 5 août pour le prochain voyage du pétrolier battant pavillon mauricien. Avec cette étape, la STC et la Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd devront engager des discussions en vue de fixer la prime sur la tonne de produits pétroliers exportée à Maurice.
Le contrat d’approvisionnement pétrolier de trois ans fait provision de ces discussions à la fin de chaque douze mois de livraison. Cette prime tient en ligne de compte le fret pour le transport du pétrole brut vers la raffinerie, des frais de raffinage et de la marge des profits. De spécialistes affirment que les retombées de ces négociations sur la prime ne devraient pas influer de manière substantielle sur le prix payé par la STC. « Néanmoins, force est de constater que ces discussions se dérouleront dans un contexte quelque peu spécial. Il y a un nouveau gouvernement à New Delhi avec un nouveau ministre gérant le dossier des produits pétroliers et le No 1 de Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd sur la voie de la retraite très bientôt. Il faut également tenir en ligne ce compte l’état des relations entre la STC et la MRPL après l’épisode du renouvellement du contrat l’année dernière », fait-on comprendre dans ces mêmes milieux.
Malgré tout, la STC se veut rassurante quant aux prix à la pompe des produits pétroliers pour les consommateurs mauriciens. Sur le site web de la STC, au chapitre des prix, mention est faite qu’ils sont restés inchangés depuis 17 mois « quoiqu’ils aient largement fluctué en yo-yo certes, mais avec une tendance générale vers la hausse. »
Le Petroleum Pricing Mechanism, opérationnel depuis le début de 2011, agit en tant que « cushion » en faveur des consommateurs. « Les prix pratiqués à la pompe pour l’essence super et le diesel 50S sont basés sur le prix moyen sur 12 mois, soit le cours ayant prévalu sur les six mois précédant l’achat et une projection des prix sur les six prochains mois. Quand les prix baissent à l’achat par la STC, le surplus commercial obtenu est versé dans un compte spécial, le Price Stabilisation Account. Quand les prix montent, la STC puise de ce compte pour maintenir le prix préalablement fixé. La STC ne peut pas s’approprier ces surplus mais ne peut non plus puiser d’ailleurs pour payer les augmentations des prix à l’achat », souligne la STC.