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Une habitante de Rose-Hill, conductrice d’une Mercedes Benz C180, a pris les devants en faisant servir une mise en demeure à la State Trading Corporation (STC), réclamant au total des dommages de Rs 1 877 852, en raison de la mauvaise qualité de l’essence importée par l’organisme, et qui a abîmé, selon elle, le moteur de son véhicule. La conductrice parle notamment de « very negligent, amateurish and cavalier approach which smacks of sheer and utter bad faith at the expense of the end-user consumers ».

Yee Man Sharly Tse-Souche, qui réside à Rose-Hill, a fait servir cette mise en demeure, rédigée par l’avoué Hiren Jankee, à la STC. La conductrice d’une Mercedes Benz C 180 soutient ainsi que le 12 décembre dernier, alors qu’elle était en route pour l’aéroport pour récupérer son mari, elle a fait le plein à une station-service sur l’autoroute M1, à Highlands. C’est sur le chemin du retour qu’elle a commencé à entendre un bruit de claquement dans le moteur de son véhicule. Elle sentait aussi que son véhicule commençait à perdre de la puissance. Le lendemain, trouvant que son moteur ne fonctionnait pas correctement, le véhicule a été remorqué à l’atelier de CFAO Motors (Mauritius) Ltd. La conductrice avance dans son affidavit qu’elle a été informée que le coût pour retirer le moteur afin de pouvoir faire un diagnostic était de Rs 53 613. Elle a par la suite été informée que le bruit de claquement et le manque de puissance du moteur résultaient de la mauvaise qualité de l’essence importée et distribuée par la STC.

Le 18 décembre, la plaignante a alors rapporté l’incident à la STC et à la Consumer Protection Unit. Elle soutient n’avoir pas eu de réponse de la STC. La plaignante avance ainsi dans sa plainte que la STC « being the sole and exclusive importer and wholesale distributor of gasoline fuel over the Mauritian territory, has a duty to ensure that the said gasoline fuel is free from any defects and is up to the required safety and quality norms, standards and specifications ». La plaignante devait aussi faire mention des tests effectués par la Motor Vehicles Dealers’ Association (MVDA), qui ont révélé que le taux de manganèse dans le carburant importé par la STC était bien plus élevé que le taux requis de 2 mg/litre d’essence.

Selon les estimations de la MVDA, plus d’un millier de véhicules ont fait face à ce problème de panne de moteur en raison de l’essence contaminée par du manganèse. La plaignante soutient ainsi que la STC « has failed the test of transparency in that there is nothing on its website to check, verify and confirm the specifications and tender documents of the Emergency Procurement exercise under which gasoline fuel for the period of August 2019 – January 2020 was imported ». Elle avance ainsi que la STC s’est « dédouanée de toutes responsabilités » et a agi « de mauvaise foi », rappelant que ce n’est que récemment que l’organisme a décidé de revoir les spécificités pour les fournitures prochaines de carburants.

Elle soutient alors que la STC a violé la Public Healths Laws et la Dangerous Chemicals control Act 2004 en important du carburant avec un fort taux de manganèse. La plaignante parle ainsi de « faute délictuelle lourde » de la part de la STC. Raison pour laquelle elle réclame Rs 1,9 M de dommages pour le préjudice subi en raison des problèmes mécaniques de son véhicule.

Pour en arriver à cette somme, elle soutient avoir eu à dépenser Rs 807 852 pour les réparations et pour l’achat d’un nouveau moteur. Elle a aussi eu à dépenser Rs 70 000 pour la location d’un véhicule et réclame Rs 1 M pour le préjudice moral et les inconvénients causés. La plaignante est représentée dans cette affaire par Me Rajesh Unnuth.