Essensia Soap Bar : du savon fait maison pour une peau plus saine

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Tessa Fauvrelle a fait ses premiers pas dans le monde de l’entrepreneuriat il y a quelques mois. C’est à la suite d’un incident qu’elle a été poussée à fabriquer des savons naturels. À sa grande surprise, ses produits ont conquis le cœur de ses proches et amis, qui l’ont encouragée à ouvrir une entreprise dans le domaine.

Rencontre

Ancienne employée dans une grosse firme de la capitale, où elle a servi pendant 18 longues années, Tessa est devenue femme entrepreneure depuis quelques mois. Après sa retraite prématurée, il y a trois ans, Tessa s’est lancée dans l’importation. Elle faisait venir différents produits, comme des serviettes de plage, des sacs et des coussins, qu’elle revendait sur tous les marchés de l’île. « Je me suis lancée dans l’importation et dans la vente directe. Ensuite, je me suis rendue en Afrique du Sud, où j’ai eu la chance de tomber sur une Belge qui faisait des bijoux en cuire, qui n’étaient pas très connus à Maurice. Donc, j’ai décidé d’importer ces bijoux à Maurice pour les mettre en vente dans les hôtels », nous explique Tessa.

En décembre 2017, elle prend une décision qui va changer sa vie. Tessa se rend chez sa coiffeuse qui l’informe qu’elle est sujette à une chute massive de cheveux. « J’avais développé une alopécie et j’avais perdu une bonne partie de mes cheveux. Après des visites chez le médecin et le dermatologue, j’ai pris la décision de ne plus utiliser de produits chimiques. C’est tomber à pic car j’ai rencontré une ressortissante réunionnaise, basée à Maurice et qui offrait des cours en fabrication de savons naturels », indique Tessa.
Elle fait ressortir qu’il est difficile de trouver ce genre de produits à Maurice. Parallèlement, il y a beaucoup de gens qui souffrent d’allergies ou de problèmes de peau et qui ne trouvent pas de produits naturels. Ce constat la pousse ainsi à s’inscrire à la formation afin d’apprendre les techniques de fabrication de savon. La formation, dit-elle, a duré deux mois. Par la suite, Tessa s’est rendue en Afrique du Sud pour s’approvisionner en ingrédients nécessaires pour la fabrication de savons naturels. Elle est notamment revenue avec de la lavande, des graines de pavot et des graines de calendula. Et depuis mars dernier, Tessa a commencé à fabriquer ses propres savonnettes naturelles.

Elle opère de sa maison plus précisément de sa cuisine. « La production de savons n’est pas une démarche compliquée. Je travaille alors chez moi, dans ma cuisine et j’utilise des ustensiles de cuisine pour les besoins de la préparation », dit-elle. Et d’ajouter qu’elle n’avait jamais songé à travailler à son propre compte.

Pour commencer, Tessa a fabriqué des savons naturels pour sa propre utilisation. De bouche à oreille, la nouvelle s’est répandue parmi ses proches et amis, qui lui ont demandé d’en produire pour eux. « Chacun est venu avec son petit problème, comme la peau desséchée. Tout a commencé de cette manière et les commandes ont commencé à pleuvoir au bout de quelques semaines. Donc, je me suis dit pourquoi ne pas proposer les savons naturels au public également », nous confie la femme entrepreneure.

Sa nouvelle carrière va prendre de l’envol pour la Fête des Mères. Tessa a alors commercialisé ses produits dans un supermarché. Elle a là attiré l’attention d’une employée du National Women Entrepreneur Council (NWEC), qui lui propose de s’enregistrer auprès de l’organisation pour bénéficier des facilités et services disponibles pour les femmes entrepreneures. « Elle m’a expliqué que le NWEC assure la formation de ses membres et organise des événements, comme des foires, permettant aux femmes entrepreneures de valoriser leurs produits. Et depuis juin dernier, je suis enregistrée auprès du NWEC », affirme notre interlocutrice.

Elle lance ainsi sa micro-entreprise qu’elle baptise Essentia Soap Bar. Tessa diversifie également ses activités. Outre le savon naturel, elle propose également des savons parfumés. « Quand vous parlez de savonnettes, les Mauriciens aiment bien quand elles sont parfumées. Mais, je dois préciser que quand on rajoute du parfum à une savonnette, elle ne demeure plus naturelle », dit-elle.

Tessa avance qu’elle travaille principalement avec des produits naturels, comme l’argile, la lavande, le safran, le cacao, le café et le miel. Parallèlement, pour ceux qui aiment les savons parfumés, Tessa propose une gamme de parfums, dont l’ananas et les fruits rouges.

En revanche, elle précise qu’elle ne fabrique pas de savon médical. « Je ne suis pas dermatologue et je n’ai pas de permis pour fabriquer des savons médicaux pour des problèmes de santé. Je propose des “toilet soaps” naturels, généralement adaptés à tous types de peau. Si en utilisant le savon, vous développez des allergies, il faut illico stopper l’utilisation », précise-t-elle.

Par ailleurs, pour attirer des clients, Tessa offre des formes différentes à ses savons. Il y en a en forme de fleurs ou même de coquilles. « Je joue beaucoup avec les formes et les couleurs. Pour colorer, j’utilise le cacao et le safran, entre autres », soutient Tessa.
Elle ajoute qu’elle tente toujours de faire connaître ses produits sur le marché local. Mais elle a aussi d’autres projets en attente. Tessa aspire à se tourner vers la fabrication de sel de bain, de “foam bath” ou encore des crèmes pour gommage. « En tout cas, tout ce que je pense réaliser aura un lien avec le savon naturel », dit-elle.

En ce qui concerne sa clientèle, Tessa précise que ses savons sont vendus aux Mauriciens, mais elle souhaite atteindre les touristes également à travers les hôtels. « À ce jour, je n’ai eu que des bains de foule. Le premier était à l’ouverture du centre commercial de Rose-Belle, où j’ai été surprise par la réaction des Mauriciens. J’ai dû leur expliquer les vertus du savon naturel car ils voulaient des savons parfumés. Par la suite, j’ai eu droit à des réactions positives. Le deuxième bain de foule était à Port-Louis, où un autre marché était ciblé. Les gens aiment de plus en plus tout ce qui est bio et organique. Donc, j’ai réalisé qu’il y a un marché potentiel », affirme-t-elle.

Pour finir, Tessa explique que ses savons sont conçus à base d’huile de coco, qui est un bon “moisturiser”, et d’huile d’olive, une huile riche. Une fois fabriqués, les savons doivent poser entre quatre et six semaines en attendant que la soude caustique disparaisse complètement. « Mes savons ont été testés pour prouver aux gens que c’est un produit sain et bénéfique pour la peau », conclut-elle.