Michaël Davidsen, directeur de Dacom Ltd, sis à Solitude, nous convie dans son univers olfactif où chaque création suscite une émotion. « Les consignes sont strictes, chaque fabrication est unique et on se doit de garder le secret. » Lui, c’est le nez de Dacom Ltd. Michaël Davidsen crée des essences de parfums, les loge dans différents types de flacons avec le logo Essentz. Comme son nom l’indique, Essentz captive et sait se faire désirer. Chaque parfum créé dans ce laboratoire se veut un compagnon de tous les instants. Évoquer un parfum, c’est mettre l’accent sur les arômes. C’est intemporel et cela reste dans l’air du temps.
Le métier de Michaël Davidsen consiste à convier les gens à une promenade olfactive à travers les différentes matières premières qui composent son orgue de parfumeur. Un orgue qui comprend des huiles essentielles, un mélange de compositions. Michaël Davidsen a une manière tactile de mettre en relief ses talents olfactifs. Il manie les odeurs avec subtilité jusqu’à ce qu’il trouve l’accord recherché pour créer un parfum d’ambiance personnalisé. Il existe plusieurs ingrédients sur la palette d’un parfumeur, mais il lui faut trouver la bonne combinaison, les bons ingrédients qui combinés entre eux vont pouvoir générer cette odeur. Les ingrédients en parfumerie sont des essences ou des absolus tirés d’ingrédients naturels en provenance de branches de fruits, de racines de feuille, etc. « Il y a des villes, comme Grasse, dans le Sud de la France, où plusieurs parfumeurs ont appris la technique de formulation des parfums. Il y a des ingrédients qui passent mieux dans la création d’un parfum parce qu’il y a un vrai savoir-faire. »
Sur un plan personnel, il dit que le choix d’un parfum repose sur sa composition, de son concept et de son nom. Michaël Davidsen a de l’expérience dans ce domaine, il connaît de mémoire les différentes notes olfactives et leurs combinaisons possibles. Son parfum peut être doux, fort, épicé… Chaque parfum créé est un moment de plaisir pour lui, qui a découvert sa sensibilité aux odeurs progressivement. « Pour être un nez, il faut de nombreuses années de pratique. » Il sourit, jubile, parfois, il montre aussi sa colère, car l’homme est un perfectionniste. « On est fier au moment où l’on crée. On n’a pas droit à l’erreur. Se parfumer, c’est d’abord se faire plaisir et pour que ce plaisir perdure, il faut que le parfum soit en osmose avec celui ou celle qui le porte. »
Sensuel
Le parfum qu’il concocte en cet instant précis est comme un cocktail, sauf qu’il ne servira pas de breuvage mais uniquement à éveiller le plaisir des sens. Un parfum vaporeux, tactile, presqu’une sensualité à fleur de peau. On s’imprègne de ce moment captivant. Michaël Davidsen se sert d’une mouillette, une sorte de petit bâton en papier, pour humer le parfum qu’il vient de préparer. Il travaille aussi avec une pipette pour recueillir le jus du parfum créé avant de laisser couler sur son avant-bras une petite goutte. Comme une touche finale d’une mise en beauté, le parfum reste un mystère. Pour lui, l’habillage d’un parfum doit conter une histoire, celle de la personne qui le portera. Le parfum doit séduire. Il suffit d’une petite touche parfumée derrière le lobe de l’oreille ou sur son avant-bras pour que le parfum fasse corps avec celui qui le porte. Il y a toutes les formes d’histoires d’amour autour d’un parfum. Il y a d’abord cette envie de plaire, ensuite ces matières nobles qui se dégagent de chaque parfum avec des notes qui fleurent bon l’exotisme car chaque parfum évoque une sensation, un lieu, comme une rencontre… Maurice étant une île, Michaël Davidsen adapte aussi ses fragrances au contexte local, comme ce parfum fait à partir du bougainvillier et cet autre parfum d’ambiance à l’hibiscus.
Sur la table, des fioles étiquetées attendent de se remplir. Il pense à tout, même dans la présentation de son produit sous forme de petits coffrets. Les parfums, il les loge dans des flacons aux lignes épurées. Il a même créé sur la demande d’une société, un parfum paré d’un vrai bijou comme accessoire. Le coup d’oeil est impressionnant ! Michaël Davidsen explique que l’hôtel, le Longbeach, lui a passé une commande de parfum dont les effluves rappellent celle du gazon. « On y retrouve la note de tête qui caractérise les produits volatiles, ce petit côté qui rappelle les agrumes. Un parfum se choisit sur un coup de coeur, sur son originalité aussi. » Dans une création de parfums, poursuit-il, il y a trois notes différentes en consistance et en fragrance. La réalisation du parfum se fait comme une pyramide d’Égypte, avec en haut, la note de tête qui rappelle la bergamote, le citron, etc., la note de coeur composée de fleurs telles que le jasmin, ylang-ylang et la note de fond, comme le patchpouli, le sandal… À partir de tous ces éléments, il parvient à mettre au point une note de fragrance, voire une formule de parfum qui selon le degré de concentration deviendra au final un parfum ou une eau de toilette.
Accord floral
Dans le laboratoire de Dacom Ltd, Michaël Davidsen et le laborantin Wesley Bungaroo mettent au point un accord floral qui sera la signature olfactive du parfum sur lequel ils travaillent. Leur geste semble précis et méticuleux, leur mission étant de créer une harmonie de senteurs tout en travaillant dans l’objectivité. La fragrance imprègne le lieu et participe à la neutralité de l’environnement. Le parfum est comme un arrêt sur le temps, beaucoup plus profond qu’une simple eau colorée dans un flacon. Le choix d’un parfum est subjectif, voire évocateur…
Wesley Bungaroo parle de concentrations de la plus légère à la plus forte. « L’eau de parfum contient une concentration en alcool moins importante et tient plus longtemps. La préparation d’un parfum c’est à la fois un mélange d’alcool, de concentré, de macération qui va jusqu’à deux semaines… » Michaël Davidsen crée des fragrances sur mesure pour des clients qui veulent avoir un parfum unique ou pour des hôtels. « On a créé L’Oiseau du Paradis, une fragrance destinée à la Mauritius Duty Free Paradise Ltd. On fait aussi des parfums d’ambiance, des parfums personnalisés pour hommes et femmes. » Il a également travaillé avec les plus grands parfumeurs comme Blaise Mautin, qui séjournait l’an dernier à l’hôtel Maradiva et qui a créé un parfum pour cet hôtel.
Vision de l’entreprise
Le CEO de Dacom Ltd nous raconte les débuts et la vision de son entreprise : « À nos débuts en 98, Dacom Ltd s’est concentrée sur les fragrances qui entrent dans la ligne de la fabrication des parfums, les concentrés naturels certifiés Natural Compounds, Cosmobio. Des fragrances synthétiques et concentrées naturelles importées d’une usine établie dans la ville française de Grasse. On a aussi travaillé sur des huiles essentielles obtenues par distillation de plantes d’une autre entreprise basée à Grasse. On vend les huiles essentielles avec un certificat d’analyse, un certificat d’origine, etc. On regroupe aussi des huiles végétales, par exemple amande douce, huile de pépin de raisin extraites à froid sous pression, toutes de grade cosmétique. On fabrique aussi des crèmes, des lotions écolo ».
« On travaille beaucoup avec les spas et on réalise tous les produits en passant par les savons, lotions, crèmes, exfoliants. Dacom Ltd a joint le groupe GM, un des leaders mondiaux des produits d’accueil. Nos produits sont connus à travers le monde comme étant haut de gamme. On produit les cosmétiques Anne Semonin pour le Radisson Blue en Afrique du Sud. On est aussi homologué pour la fabrication de parfums de Blaise Mautin pour l’hôtel Le Maradiva à Maurice. Dacom Ltd est devenue une plate-forme voire une référence dans le domaine. À Solitude, où nous avons établi nos quartiers, il y a cinq départements : produits d’accueil, bougies, parfumeries, cosmétiques et spas. »
Dans une des ailes de l’atelier de Dacom Ltd, une odeur de savon titille les narines. Les employés s’affairent sur la réalisation de savons parfumés. Ils ne sont pas à leur premier accord, ce sont des créateurs à leur manière. Dans un autre espace de l’atelier, d’autres femmes artisanes confectionnent des bougies décoratives fabriquées avec des cires végétales à la cire d’abeille et de palmier aux huiles végétales. Certains travaux se font à la main, d’autres à l’aide de machines sophistiquées.
« On a fabriqué des savons barre-crème Essentz à partir de beurre karité et d’huiles végétales, de même que les savons exfoliants. Notre réussite a été la conception du savon fait à partir de l’argile verte, pour ceux ayant une peau sensible. Notre force repose sur notre expertise. On a la licence de fabrication sur les savons et les autres produits d’accueil pour des marques internationales de même que pour les hôtels cinq étoiles de Maurice. »
Un autre défi de Dacom Ltd est de développer toute une gamme de cosmétiques pour les supermarchés. « On respecte la femme et tous nos produits sont 100 % naturels, on est éco et bio jusqu’au bout. »