Cela fait quelques semaines depuis que les téléspectateurs apprécient sa fraîcheur sur le petit écran. Entre ses “coucou” et “ciao” pour égailler Eco Tv, Estelle Desvaux de Marigny mise sur un style théâtral pour inciter le public à faire “enn ti zes ekolozik byin sinp” pour sauvegarder notre planète. Derrière ses lunettes et ses couettes qui lui donnent un air intello, on découvre une jeune femme remplie de vie.
Dynamique, Estelle l’est à souhait. Toujours souriante, elle garde la positive attitude à chaque instant de sa vie. À travers son parcours atypique, elle a su s’épanouir et être cette fille qui n’a pas eu peur de changer d’orientation du jour au lendemain en faisant confiance à sa “bonne étoile” qui lui a porté chance jusqu’ici. “Ce n’est pas interdit de changer de carrière et de ne pas s’éterniser dans une filière.” À 25 ans, elle a envie de vivre le maximum d’expériences possible.
Brillante carrière.
Vivre l’instant présent c’est sa devise. Elle se laisse aussi inspirer par cette citation de Paulo Coehlo tirée de L’Alchimiste : “When you want something, all the universe conspires in helping you to achieve it.” C’est ce qui la pousse à oser saisir les opportunités qui se présentent à elle au risque d’être déçue par la suite. Loin d’être une idéaliste, elle s’appuie sur ses différentes expériences pour avancer. “Je prends tout ce qu’on me donne et je veux bien passer à autre chose et tenter de nouvelles expériences même si je risque de me casser la figure”. Elle est consciente également qu’il y a un travail à faire et des efforts à fournir pour réussir tout ce qu’on entreprend.
Ancienne élève du collège Notre-Dame, Curepipe, elle a bien vite pris conscience que la vie n’est pas si facile, cela après l’enfance magique qu’elle a connue. Mais cela ne l’empêche pas pour autant de rester zen. Marquée par l’histoire du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, elle considère que même si la vie est dure, il faut rester positif. Après le collège, elle s’est rapidement retrouvée dans l’univers glamour de l’hôtellerie en faisant des études dans le secteur touristique à l’école hôtelière d’Ébène. Suite à son stage à l’hôtel Hilton, elle bascule dans le monde de l’événementiel au sein du groupe hôtelier où elle aurait pu faire une brillante carrière. Mais au lieu de cela, au bout de quelque temps elle choisit de se lancer dans le travail social au sein de l’organisation Tipa, où elle a été animatrice d’arts plastiques après avoir suivi des cours en graphic design.
Popularité.
C’est sans regret qu’elle a quitté le secteur touristique, ayant réalisé que ce n’était pas vraiment dans cette voie qu’elle voulait faire carrière. “Si on n’a pas la passion de travailler dans ce secteur on le prend comme une corvée car cela demande de gros sacrifices, avec les horaires indus.” À travers Tipa, c’est un tout autre univers qu’elle découvre en travaillant avec les enfants vulnérables de Roche-Bois et Plaisance, en savates et sans rien à manger parfois. Ce monde qu’elle ne connaissait pas jusqu’ici ne l’a point effrayée. En dépit de son manque d’expérience dans le domaine elle a su donner le meilleur d’elle-même grâce à sa spontanéité. “Je n’ai pas honte d’essayer au risque de me prendre une claque”. Elle leur a ainsi inculqué les valeurs civiques à travers l’art et les activités qu’ils aiment. “Cela a été une formidable expérience et cela ma beaucoup touchée et a changé ma philosophie de la vie”.
Quand d’autres opportunités se présentent à elle, Estelle fait de nouveau confiance à sa bonne étoile et se laisse emporter par le vent qui la dirige vers l’audiovisuel, ainsi que le graphisme et l’art en général. Sans conviction, elle fait acte de candidature quand Capital Media lance un appel pour trouver une nouvelle animatrice pour la deuxième saison d’Eco TV. Bien que le casting ait été “intimidant” et “impressionnant”, pour Estelle c’était une nouvelle expérience. Quand au bout de plusieurs mois on lui présente le concept de l’émission, c’est son rêve de petite fille qui se réalise. Depuis, elle ne passe pas inaperçue. En chemin elle est souvent interpellée. Mais cela ne lui donne pas la grosse tête. Elle est simplement ravie que les gens lui disent qu’ils mettent en pratique les “ti zes ekolozik” pour réduire leur consommation d’énergie et moins polluer. Elle gère aisément cette popularité soudainement acquise.
Bonheur.
Mais Estelle n’a pas fini de faire parler d’elle car elle prête sa voix pour une série espagnole. Une nouvelle aventure tout aussi palpitante pour elle et un défi qu’elle n’a pas hésité à relever. Même si au départ cela lui semblait bizarre de jouer les scènes et de se mettre dans la peau des personnages, elle s’est vite prise au jeu pour reprendre les mêmes tonalités. Et dans ses temps libres, elle peint des tableaux pour une exposition qu’elle prépare et qu’elle souhaite présenter dès que possible.
Derrière son air adolescent qui a sucé son pouce jusqu’à l’âge de 18 ans parce que cela lui faisait plaisir, Estelle sait faire preuve de maturité et affirmer sa personnalité. Cela, même si ses fréquents changements d’orientation peuvent donner l’impression qu’elle est en recherche de stabilité. Pour elle, il s’agit de trouver son port d’attache et cela lui plaît de ne pas faire carrière dans une seule filière.
Sa force et son énergie viennent de tout l’amour que lui portent sa famille, ses amis et son copain. Alors qu’elle est bercée par l’énergie positive qui l’entoure, Estelle note avec regret que la société mauricienne est souvent trop passive et cultive le chacun pour soi. Elle constate aussi que les jeunes sont ambitieux, ont des rêves plein la tête mais veulent avoir tout tout de suite. “Ils oublient souvent que rien n’est acquis dans la vie et que la gloire, la richesse et la beauté – les choses qu’ils veulent avoir et qui les font rêver – n’apportent pas forcément le bonheur”.