Il est, paraît-il, une île séculière que nous habitons.
Ah bon ? Sécurité, Sécuritaire ? Une île où le Business de la Sécurité prospère ? Où les gardiens, flics, super cadres, trousseurs de tous poils et faisant feu de tout bois, intermédiaires sans foi ni loi changent de rôle la nuit, le jour ?
La préoccupation est réelle, quotidienne, avec ou sans fiesta : sécurité de l’emploi, du logement, des biens, des personnes, sécurité alimentaire, d’un environnement sain, dénué de peur, de frustration grandissante….
Alors, État Séculier ?
On connaît un peu le terme laïc par rapport au terme clergé mais séculier ?
Faisons un peu d’étymologie pour mieux comprendre : nous garderons celle dérivée de saeculum, siècle.
De manière spécifique, l’adjectif « séculier » en Occident qualifie des ecclésiastiques qui ne sont pas soumis à la règle au sein d’un ordre religieux (par opposition aux réguliers). Et de manière générale, il qualifie ce qui appartient au siècle, aux moeurs du siècle, du monde.
En termes politiques, le sécularisme est le principe selon lequel les religions sont intrinsèquement séparées des pouvoirs politiques, de l’État, sans influence réciproque entre les deux sphères. Le transfert de certaines valeurs sociales conçues comme étant du domaine du sacré se fait alors à celui du profane. Si une désacralisation s’opère ainsi d’activités relevant de l’organisation sociale, c’est que cette organisation est un produit de l’histoire des hommes et des politiques humaines. Elle peut alors être soumise à la critique rationnelle et à la transformation volontaire, suivant le mouvement et les méandres de l’histoire dans la dynamique des transformations sociales, culturelles et cultuelles.
C’est un profond mouvement de civilisation qui s’opère alors, impliquant une nouvelle organisation de l’espace public en accord avec les valeurs de l’émancipation politique et de la liberté de conscience. Il oblige à filtrer l’essentiel de l’accessoire, de séparer le bon grain de l’ivraie. Il libère la vraie spiritualité et dépouille les religions de leurs carcans d’interdits non fondés sur le véritable amour de l’autre, dans sa singularité, sa force et sa faiblesse. Il oblige à plus d’exigences intérieures, plus de sobriété dans les manifestations extérieures, un recentrement sur ce qui est profondément humain et merveilleusement divin.
La nostalgie est toujours de mise dans des périodes de transition forte ; est plus ancrée la résistance au changement car les rapports de forces et – celles encore plus qui divisent – se font toujours au sein des lobbies. Peu importe ici leurs dénominations. Toute facette de l’identité sociale, pouvant servir à galvaniser les passions et accroître privilèges et richesses est bonne à prendre et à ériger en forteresse. Au nom d’une démocratie qui n’est que de nom.
Si le civil est à séparer du religieux, l’État ne fonctionne cependant pas dans un espace vide, neutre. Réceptif à la diversité des valeurs, il maintient LA NÉCESSAIRE DISTANCE afin de favoriser et mettre en oeuvre des actions éthiquement adaptées en vue d’un monde plus pacifique et juste.
Alors, oui, nous sommes et serons de tous ceux et celles qui veulent – malgré le temps peu propice de regarder le ciel quand nous pataugeons en pleine boue – forger une nouvelle histoire de notre île. Si le terme séculier, pour être inscrit dans la Constitution, offre des mesures réelles de contrôle institutionnel pour faire disparaître dérapages et alliances malsaines qui gangrènent notre société et si le terme rend caduques toutes ces dénominations qui donnent longue vie au Best Loser System et aux socioculturels d’appareil et d’apparat, alors ce ne sera pas qu’un mot. A confondre avec sécurité pour Soi.
Alors, oui s’ouvriront des dynamiques nouvelles qui donneront espoir aux jeunes générations pour mieux s’appréhender dans leurs identités en mouvance, qui leur apporteront confiance et fierté dans un devenir collectif. Mais commençons déjà par traduire en actes moult rapports dont celui de la Commission Justice et Vérité et lois existantes fondées sur l’intégrité, l’équité et l’accès de tous aux biens et services.
Alors, oui, Nita, ce combat-là ne sera pas qu’un coup d’épée dans l’eau. Avec nécessaire hymne au chef.
« La nécessité est la mère de l’invention ». Platon, La République.