C’est non sans avoir fait une leçon journalistique à Week-End pour son compte rendu de la semaine dernière et plus tard à toute la presse que le porte-parole du gouvernement a commenté trois items de l’actualité qui figuraient à son agenda hier matin. S’il nous a renvoyés à… lundi pour connaître le point de vue du gouvernement Lepep sur la démolition du bâtiment historique dit la School, Étienne Sinatambou a refusé catégoriquement de se prononcer sur ce sujet qui est aussi d’actualité, pour poursuivre la croisade contre Paul Bérenger. C’est visiblement pas très content que son appel — ou celui du gouvernement — pour que le député Paul Bérenger se ressaisisse à l’Assemblée nationale a été ignoré par celui-ci qu’Etienne Sinatambou a remis l’inertie du leader des mauves sur le tapis.
Lors de la conférence hebdomadaire du gouvernement MSM-ML, son porte-parole, Etienne Sinatambou, est revenu sur la « passivité » de Paul Bérenger au Parlement, non sans démontrer son exaspération. « La semaine dernière, de par la gravité de la situation, nous avons invité Paul Bérenger à se reprendre ou démissionner parce qu’il est inconcevable qu’un parlementaire ne pose aucune question en six mois […] et nous avons réalisé qu’il n’a jamais été présent à l’ajournement des travaux. Mais il est regrettable de constater qu’encore une fois que cela a été motus et bouche cousue. Sauf quand il s’agissait d’insulter la présidence et la vice-présidence de l’Assemblée », a déclaré Etienne Sinatambou.
Il a fait remarquer qu’il s’est retroussé les manches pour ramener à. la surface le salaire et les allocations d’un parlementaire comme Paul Bérenger. Après ses recherches, il est arrivé à la conclusion que l’ancien leader de l’opposition « perçoit une somme totale de Rs 157 685 mensuellement pour ne rien faire. » Le porte-parole du gouvernement Lepep a ainsi reproché à Paul Bérenger de toucher ce salaire payé par des contribuables sans assumer ses responsabilités.
En revanche, Paul Bérenger, « grand donneur de leçons », selon Etienne Sinatambou, persiste dans ses critiques « papa-piti deal », alors que sa fille a été promue présidente de l’aile jeune au N°16. Cette promotion, selon le porte-parole du gouvernement ,relèverait d’un deal « papa-tifi », tout comme la nomination de Nita Juddoo, fille de Ramduth Juddoo (MMM), comme candidate à la partielle au N°18. « Zot, zot trouv papa-piti partou, sof kan zot met zot piti », a déploré Etienne Sinatambou.
Il a dénoncé les propos « malhonnêtes » du leader du MMM, qui avait commenté l’affaire de contrat pour la livraison de poisson dans les prisons par un présumé proche du Premier ministre, Pravind Jugnauth. Y aurait-il des « amalgam kot pe fer krwar ki ena malpropte dan alokasion kontra pwason ki’nn paret dan bann zournal ki selon mwa de movez-fwa ? » Dates à l’appui, Étienne Sinatambou, qui a reproché à Paul Bérenger et « à une certaine presse » de faire preuve de mauvaise foi et de « rapporter des mensonges », a expliqué que le détenteur du contrat en question avait décroché le même tender en 2004 et 2005 alors que le MMM de Paul Bérenger était au pouvoir et de 2006 à 2009 sous le primeministrership de Navin Ramgoolam.
Comme la semaine dernière, Étienne Sinatambou est revenu sur ce qu’il estime être le lynchage médiatique des avocats dont les noms sont cités par des trafiquants auprès de la commission d’enquête sur la drogue. Il estime que les dénonciations et autres allégations des trafiquants sont prises par « certains » pour parole d’évangile ! « Tant que le rapport de la commission d’enquête n’a incriminé personne, tout ce qui a été dit ne sont que des allégations », a dit le ministre Sinatambou.
Citant des chiffres (rendus public dans la presse notamment) qu’il relevés après un autre travail de recherche, Étienne Sinatambou a tenu à rappeler les grandes saisies faites en six mois pour démontrer que le gouvernement tient à mener son combat contre la drogue. Tout au long de son intervention sur cet item, il a émis des reproches adressés notamment à la presse. À Week-End qui voulait connaître l’appréciation de son gouvernement sur le travail effectué par la commission Lam Shang Leen, le ministre Sinatambou a déclaré « respecter » celle-ci mais déplore que « bann dimounn extern […] sertin seksyon lapres ki pe inzer zot tou le zour pou grosi ban zafer. » La presse, selon lui, « devrait avoir plus de retenue » dans ses comptes rendus sur les dépositions auprès de la commission. Et de nous affirmer qu’il aurait eu les mêmes positions à l’égard des proches de l’opposition s’ils étaient concernés.
Le PM un homme
de dialogue pour l’Afrique
Commentant la participation du Premier ministre, Pravind Jugnauth, au 29e sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, qui s’est tenu les 3-4 juillet dernier, Etienne Sinatambou a exprimé la satisfaction du gouvernement sur les retombées de la mission effectuée par son chef dans la capitale éthiopienne. Et ce, a-t-il tenu à souligner, n’en déplaise aux oiseaux de mauvais augure, « le Premier ministre y a développé de bonnes relations avec les plus grands de ce monde. » Ces derniers auraient, a-t-il dit, vu en Pravind Jugnauth un interlocuteur, un homme d’État avec qui le dialogue est possible. D’ailleurs, c’est Maurice qui accueillera la prochaine African Economic Platform en mars 2018.
Outre la mise en oeuvre de l’agenda 2063 qui vise à accélérer la croissance, le développement et la prospérité sur le continent, auquel Maurice est partie prenante, le sommet de l’UA s’est avéré une occasion pour le Premier ministre d’inviter les chefs de gouvernement et d’État présents à soutenir le combat qui se poursuit concernant la souveraineté des Chagos. Etienne Sinatambou a expliqué que Pravind Jugnauth a lancé un appel à tous les États membres de l’UA afin que ceux-ci « restent aux côtés » de Maurice lorsque le pays se présentera à la Cour Internationale de Justice pour le dossier des Chagos.
Etienne Sinatambou a relevé que les modalités des négociations sur le Trade in Services Agreement ainsi que des négociations tarifaires afin d’appliquer le Continental Free Trade Area ont été approuvées, rappelant du coup que depuis 2016, Maurice fait partie du Tripartite Free Trade Area, laquelle regroupe 26 États d’Afrique, 632 millions d’habitants avec un Gross Domestic Product global qui dépasse $ 1,3 trilliard. Il a fait ressortir que durant sa mission à Addis-Abeba, Pravind Jugnauth a eu des discussions bilatérales avec son homologue du Lesotho, les présidents de Tanzanie, d’Ouganda, du Ghana, entre autres, sur divers sujets d’intérêt commun.
Le chef du gouvernement mauricien a aussi rencontré, Amina Mohamed, la vice-secrétaire générale de l’Organisation des Nations Unies, laquelle a partagé son appréciation sur le recours de Maurice auprès de la Cour Internationale de Justice concernant les Chagos. Pravind Jugnauth s’est aussi entretenu avec Louis Michel, président de l’Assemblée parlementaire paritaire de l’Union européenne sur notamment les accords de Cotonou, où Maurice insiste sur un accord global pour éviter le démantèlement des ACP.
Pendant son déplacement en Éthiopie, Pravind Jugnauth a rencontré brièvement d’autres personnalités dont le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et celui de l’UA, en l’occurrence Alpha Condé, qui a invité Maurice à déposer le premier rapport intérimaire sur la mise en oeuvre de l’Agenda 2063. Etienne Sinatambou n’a pas manqué de dire la fierté du gouvernement après que Maurice a raflé l’African Gender Scorecard Award 2017 décerné par l’Union africaine.