Plus d’un logiciel sur deux à Maurice a été installé sans licence, indique une étude mondiale de la Business Software Alliance, association internationale représentant l’industrie mondiale du logiciel. Ce qui représente un taux de 57 % de logiciels piratés et un manque à gagner estimé à USD 7 millions en 2011.
Les données de la Business Software Alliance (BSA) démontrent que le taux de piratage pour Maurice a diminué régulièrement, passant de 61 % en 2003 à 56 % en 2010. C’est ainsi la première fois qu’une étude de cette association internationale signale une légère hausse dans le taux de piratage dans le pays. Selon elle, un logiciel sur deux installé l’année dernière sont des versions pirates.
C’est la neuvième étude sur le piratage de logiciels dans le monde menée par la BSA en partenariat avec IDC et Ipsos Public Affairs, deux des principales sociétés mondiales de recherche indépendantes. Dans son édition 2011, l’association révèle que 57 % des utilisateurs d’ordinateurs à l’échelle mondiale admettent avoir acquis des logiciels piratés. 14 % des utilisateurs ont déclaré qu’ils pirataient tout le temps ou la plupart du temps. 43 % affirment qu’ils le font de temps en temps ou rarement.
L’étude constate que les taux de piratage des marchés émergents surpassent ceux des marchés matures, 68 % contre 24 % en moyenne. Les marchés émergents, indique-t-elle, sont responsables en grande partie de l’augmentation globale du manque à gagner lié au piratage. Cela permet de comprendre la dynamique de marché liée au taux de piratage qui s’est situé à 42 % à l’échelle mondiale en 2011, alors que la constante expansion du marché émergeant a contribué à l’augmentation du manque à gagner lié au piratage à USD 63,4 milliards.
L’étude de la BSA sur le piratage de logiciel dans le monde permet par ailleurs d’établir que les pirates de logiciels les plus réguliers sont majoritairement les jeunes et les hommes. Ces derniers sont aussi deux fois plus susceptibles de vivre dans un pays émergent plutôt qu’un pays développé (38 % contre 15 %). Les décideurs du monde des affaires admettent le piratage de logiciels plus fréquemment que les autres utilisateurs — et ils sont plus de deux fois davantage susceptibles que les autres d’admettre qu’ils achètent un logiciel pour un ordinateur, puis l’installent sur des machines supplémentaires dans leurs bureaux. 20 % des pirates réguliers dans les marchés matures — et 15 % dans les marchés émergents – ont affirmé que le risque de se faire prendre est une raison pour ne pas pirater un logiciel.
Dale Waterman, Corporate Attorney for Anti-Piracy pour la région Moyen Orient et Afrique à Microsoft, un des membres de la BSA commente que le piratage de logiciels exige une réponse prompte de la part des autorités à travers l’éducation et la sensibilisation intensive du public et des activités de répression le cas échéant. « Notre expérience à travers le monde suggère que lorsque le gouvernement participe activement à l’éducation et la prévention à long terme et prend des mesures coercitives appropriées pour s’assurer que ceux qui piratent soient sanctionnés par la loi, le pays voit ensuite des réductions significatives du taux de piratage de logiciels. Cela profiterait à tout l’écosystème IT à Maurice », a déclaré Dale Waterman.
Les producteurs de logiciels du monde entier font constamment ressortir que le piratage de logiciels a un effet ralentisseur sur l’innovation en matière des TIC locales, de la création d’emplois et de la croissance économique. La méthodologie de l’étude consiste à recueillir 182 entrées de données distinctes et évalue les tendances des logiciels et des PC dans 116 marchés. L’étude de cette année comprenait également une enquête sur les 15 000 utilisateurs d’ordinateurs dans 33 pays qui, ensemble, constituent 82 % du marché mondial des PC.