L’étude menée par le ministère de la Santé sur le taux de prévalence des maladies non-transmissibles (MNT) à Maurice, qui a pris fin le 24 août, a touché un total de 6 000 personnes. Ses résultats seront connus d’ici à la fin de l’année. Selon le Dr Anil Deelchand, ag. director Health Services, « On saura alors si la situation s’est améliorée ou pas par rapport aux résultats de la dernière étude qui avait été menée, il y a cinq ans. »
Les résultats de l’étude du ministère de la Santé menée en 2009 sont révélateurs : environ 50 % de la population mauricienne était malade, si on peut le poser ainsi, avec 25 % du taux de prévalence du diabète, 25 % au stade de pré-diabète, 50 % en surpoids ou obèse et 38 % souffrant d’un taux élevé de cholestérol. Quant aux exercices physiques, seulement 15 % d’hommes et de femmes en pratiquaient. « Le diabète, on le sait, est causé par un mode de vie malsain. Le développement économique aidant, les Mauriciens vivent plus confortablement maintenant qu’il y a deux ou trois décennies. Toutefois, ils ont perdu un peu de leur santé parce qu’ils consomment beaucoup de produits transformés ou de fast food, du sucre et du sel en abondance et pas assez de fruits et de légumes », fait ressortir le Dr Deelchand. Ce qui est associé, malheureusement, à une hausse du taux de prévalence des maladies non-transmissibles.
« Cependant, tout n’est pas perdu. Avec le développement économique, on a aussi gagné en termes d’espérance de vie qui s’est améliorée et a atteint maintenant les 73 ans, un peu moins pour les hommes », s’empresse d’ajouter le Dr Deelchand. Cette nouvelle étude sur les maladies non-transmissibles devrait aussi indiquer si les mesures initiées ces dernières années par les autorités sanitaires ont été utiles ou pas. Pour la première fois, cette étude va aussi prendre connaissance des maux cognitifs liés à la démence qui devient de plus en plus un problème majeur pour le secteur de la santé.
Les résultats, selon le Dr Deelchand, devraient aider les autorités sanitaires à développer de nouvelles stratégies pour contrer les maladies non-transmissibles et améliorer les campagnes de sensibilisation en les basant sur les problèmes majeurs notés. De plus, la population vieillissante accroît les risques de MNT, soutient notre interlocuteur. Cependant, ajoute-t-il, « les campagnes de sensibilisation ne manquent pas à Maurice depuis l’époque qu’on parle de maladies non-transmissibles. Elles sont menées dans les médias, les établissements secondaires, les centres de jeunesse et des femmes, les centres communautaires ».
Le ministère de la Santé dispose également d’une clinique mobile qui se rend quotidiennement, selon un programme établi, dans les différentes régions de l’île et aussi sur les lieux de travail pour faire le dépistage et la prévention des maladies non-transmissibles. Des lois existent également pour protéger la population, comme celle interdisant la consommation de tabac dans les lieux publics, entre autres. « Nous sommes optimistes, mais réalistes », déclare le Dr Deelchand. « Le changement ne viendra pas du jour au lendemain?; cela prendra du temps, peut-être une génération. Mais, nous sommes confiants, même si la route est longue », ajoute-t-il.