Huit pour cent des fumeurs ont arrêté le tabac entre la 1re et la 2e phases de l’étude destinée à évaluer les mesures de contrôle du tabagisme depuis l’entrée en vigueur du Framework Convention on Tobacco Control de l’Organisation mondiale de la santé ratifiée par 175 pays, dont Maurice. Cette étude a été réalisée en 2009 et 2010 par l’université canadienne de Waterloo et le Mauritius Institute of Health de Pamplemousses.
Les chiffres du Mauritius Revenue Authority indiquent que la consommation de cigarettes a diminué de 300 millions d’unités au cours des trois dernières années, passant de 1 306 406 263 en 2009 à 1 000 560 00 en 2012. C’est ce qu’a indiqué le ministre de la Santé Lormus Bundhoo hier lors d’une réunion d’évaluation de la lutte contre le tabagisme dans l’île au Domaine Les Pailles. Une délégation composée de quatre de l’OMS est présente à Maurice pour l’occasion en vue d’établir un bilan de l’application de la Convention internationale sur le contrôle du tabagisme dans le pays. L’équipe composée des Drs Tibon Szilagi et Paula Beltran, de William Onzivu et de Jenninah Kabiswa identifiera également les besoins de Maurice en ressources humaines et assistance technique.
Néanmoins, l’accroissement du nombre de jeunes fumeurs est préoccupante, a déclaré Lormus Bundhoo. « Nous devons revoir notre stratégie de communication pour que les messages sur les méfaits du tabac atteignent les jeunes Mauriciens », a-t-il indiqué. Autres constats : le non respect de l’interdiction de vendre des cigarettes à l’unité. « The compliance is still low », soutient le ministre de la Santé. Est également observé un déclin de l’efficacité des images sur les risques du tabagisme pour la santé sur les paquets de cigarettes.
M. Bundhoo précise que son ministère prépare actuellement d’autres messages sur la toxicité du tabac qui viendront remplacer ceux existants sur les boîtes de cigarettes. « Il y a d’autres efforts à faire pour faire respecter l’interdiction de fumer sur les lieux de travail et dans les bars », a-t-il affirmé.
Le ministre a indiqué que des mesures ont été prises pour faire respecter l’interdiction de la publicité, du sponsorship et de la promotion du tabac sur internet. « Les défis futurs incluent le respect de l’interdiction de la promotion du tabac que ce soit celle à partir de notre territoire ou venant de l’étranger. » Seront aussi appliqués les articles de la Convention de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les tests sur les émissions dans l’air des produits du tabac dans le nouveau plan d’action de contrôle du tabagisme. En outre, les lois ayant trait au tabac concernant d’autres ministères seront amendées. Le ministère de la Santé travaille avec celui des Finances pour étudier les implications du protocole sur le commerce illicite adopté à Séoul et que le gouvernement mauricien signera au début de l’année prochaine.
Selon le ministre de la Santé, « la cigarette reste très visible dans les médias de loisirs (entertainment media). Cela constitue une incitation à fumer chez les jeunes ». En outre, affirme-t-il, « les cigarettes restent très abordables à Maurice ». Il indique qu’une hausse des taxes sur les cigarettes avait été inclue dans le dernier budget national selon les recommandations internationales du Framework Convention on Tobacco Control. « C’est un fait qu’une augmentation de 10 % du prix de la cigarette est associée à une réduction significative de la consommation allant jusqu’à 8 % dans les pays développés. »
D’autres constats de l’étude conjointe de l’université canadienne de Waterloo et du Mauritius Institute of Health (MIH) dans le cadre du International Tobacco Control Policy Evaluation Project ont montré que la majorité des fumeurs ont une mauvaise opinion de la cigarette et veulent arrêter. De plus, les fumeurs et non fumeurs ont soutenu largement l’interdiction de fumer dans les lieux publics depuis l’entrée en vigueur le 1er juin 2009 des Public Health Restrictions on Tobacco Products Regulations.
M. Bundhoo a aussi déclaré qu’il a très à coeur de prévenir le tabagisme chez les jeunes, notamment de les empêcher de toucher à la première cigarette à travers le « peers education ». 20,3 % des écoliers mauriciens et 7,7 % des écolières de 13 à 15 ans fument.