Après le Higher School Certificate, cap sur la poursuite d’études en fonction de son choix de matières, ses résultats scolaires, ses envies, ses ambitions. Avant de s’engager dans cette voie, une phase de réflexion est nécessaire. Est-ce fait pour moi ? Quelle institution choisir ? Quels cours y sont dispensés ?, sont autant de questions que se posent un aspirant étudiant. Les choix possibles d’études après le HSC sont très variés. Hormis le choix d’une formation qui débouchera sur une carrière certaine, il y a plusieurs autres aspects à considérer, tels que le coût des études, trouver le cours qui vous correspond le mieux ou encore obtenir une place dans l’institution choisie. Ce dossier fait le point sur les diverses institutions d’études supérieures qui existent à Maurice ainsi que les filières d’études qui y sont proposées en vue d’aider le jeune à faire les meilleurs choix.
L’enseignement supérieur est dispensé dans une multiplicité d’établissements et sous divers diplômes. Cela donne lieu également à une multitude de choix.
Le secteur tertiaire à Maurice a connu d’importantes transformations depuis 1968, avec une l’existence d’une seule institution, l’Université de Maurice (UoM). Aujourd’hui, ce secteur est très diversifié et englobe quelque 74 institutions, publiques, privées et régionales, chacune ayant sa propre spécificité.
Dans le secteur public, l’enseignement supérieur est dispensé à l’UoM mais aussi à l’Université de Technologie de Maurice (UTM), au Mahatma Gandhi Institute (MGI), au Rabindranath Tagore Institute (RTI), à l’Open University of Mauritius (OUM) — anciennement connue comme le Mauritius College of the Air —, au Fashion and Design Institute et à l’Université des Mascareignes, récemment créée (la fusion des anciennes écoles polytechniques, le Swami Dayanand Institute of Management et l’Institut Supérieur de Technologie).
Trois institutions publiques, le Mauritius Institute of Training and Development (MITD), le Mauritius Institute of Health (MIH) et le Mauritius Institute of Education (MIE), dispensent également des cours menant à une licence. Par ailleurs, 64 établissements privés sont enregistrés localement, proposent des formations allant du certificat au doctorat, avec des organismes certificateurs pour la plupart basés à l’étranger (72 sur 76). De plus amples renseignements sur les institutions et formations sont d’ailleurs disponibles sur le siteweb de la Tertiary Education Commission, instance chargée de régulariser l’enseignement supérieur à Maurice.
Les institutions publiques
L’UoM, la toute première institution d’études supérieures, reste toutefois la plus sollicitée en raison des coûts d’études fort abordables. Avec le nombre croissant d’étudiants qui souhaitent chaque année s’y inscrire, elle augmente à chaque rentrée son intake.
L’université de Maurice compte cinq facultés offrant au total plus d’une centaine de formations, entre autres en comptabilité, sciences sociales, génie civil, informatique et langues, menant à un certificat ou une licence. L’institution collabore aussi avec d’autres établissements tels que le Mahatma Gandhi Institute pour des formations plus spécialisées.
Pour être éligible à un cours à l’UoM menant à un BA ou un BSc, un candidat doit avoir un Pass en English Language au niveau du School Certificate ainsi que cinq Credits dans d’autres matières relatives à la filière choisie et 2 A Level pour le HSC. L’Université de Maurice offre également des cours pluridisciplinaires. À titre d’exemple, un Ba Joint Humanities, qui englobe des cours de français, d’anglais, d’histoire et plusieurs autres matières.
La pluridisciplinarité tient du fait que les cours vous permettent d’étudier plusieurs matières à la fois. Ce sont des licences en « Majeure/Mineure », avec une matière forte et une matière secondaire À l’UoM, seuls les frais administratifs sont imposés. Ils peuvent tourner autour de Rs 14 400 par an, sauf s’il s’agit de compléter ses études de médecine à Bordeaux. Si les frais de scolarité sont gratuits en France également, l’étudiant doit trouver de l’argent pour son séjour, notamment pour le logement, ce qui revient cher. À noter que pour des études de médecine, la Belle Rive Medical College, qui accueille majoritairement des étudiants étrangers, est également rattachée à l’UoM, qui accrédite les diplômes. L’institution a récemment obtenu la reconnaissance du Medical Board of California pour la formation clinique des médecins. Elle offre des cours de MBBS. Les cours peuvent coûter plus d’un Rs 1,2 million pour cinq années, hormis les autres frais administratifs.
Dans la catégorie des institutions publiques, l’on retrouve l’Université de Technologie de Maurice. Cependant, contrairement à l’UoM, qui fait payer uniquement les frais administratifs, les cours à l’UTM sont relativement plus chers : un étudiant devra débourser Rs 22 300 par semestre pour un cours de son choix. Pour les trois ans d’études, cela peut se chiffrer à plus de Rs 140 000.
Les options mauriciennes
Si aujourd’hui un jeune souhaite obtenir une licence qui ne porte pas la signature d’une institution locale, plus besoin de se rendre à l’étranger. Avec la panoplie d’institutions qui proposent des cours accrédités et reconnus par des universités étrangères, le choix n’est plus restreint.
Le Charles Telfair Institute (CTI) offre de nombreux cours, en partenariat avec la Curtin University of Technology d’Australie, ce qui explique l’engouement des jeunes depuis quelques années pour poursuivre des études dans cette institution située à Moka. Les cours couvrent plusieurs domaines, entre autres le marketing, le commerce, la comptabilité, la communication et l’informatique. Pour les trois années d’études (Bachelor Degree), les étudiants devront débourser 8 150 dollars australiens (Rs 252 650) à la Curtin University et Rs 326 240 à l’institution mauricienne, soit Rs 580 000 au total pour un diplôme au CTI. Cependant, des études en Australie auraient coûté plus de trois millions.
Il existe d’autres institutions de ce genre qui offre des cours en partenariat avec des universités étrangères, entre autres, l’Amity Institute of Higher Education, la BSP School of Accountancy and Computing, l’ACCA Mauritius, le Mauritius Chamber of Commerce Institute, l’EIILM University (Mauritian Branch Campus), l’École de Médecine Louis Pasteur, la JSS Academy, la Middlesex University Mauritian Campus et l’ISITECH Business School. Pour ces institutions privées, les cours ne coûtent pas moins de Rs 300 000 par année d’études.
La formation à distance
Nombreux sont les jeunes qui après le HSC ne souhaitent pas s’engager dans les études à plein temps pour un minimum de trois ans. Ils peuvent toutefois opter pour la Distance Learning. Ce qui permet à l’aspirant étudiant de travailler tout en poursuivant ses études.
Les filières qui sont proposées sont aussi variées que celles proposées dans une université à plein temps. Depuis bon nombre d’années déjà, l’une des premières institutions privées à proposer ce mode de formation, l’UNISA- University of South Africa, est aujourd’hui aussi toujours prisée. Elle offre des cours dans plusieurs domaines allant des langues au commerce. L’étudiant aura 32 modules à compléter sur un maximum de huit années pour obtenir un bachelor degree de l’UNISA. Ces cours à distance peuvent coûter environ Rs 350 000.
S’agissant des formations à distance, l’Open University of Mauritius, anciennement connu sous le nom du Mauritius College of the Air, s’est ajoutée à la liste. Elle accueillera ses premiers étudiants en février. Pour ce qui est des tuitions fees, ils seront relativement moins chers que d’autres institutions, environ 60 % de moins. Outre les institutions locales, l’Open University of Mauritius sera appelée à collaborer avec d’autres universités étrangères, notamment l’Indira Gandhi National Open University, l’Open University of UK, l’African Council for Distance Education et l’UNISA. Pour la première année, les formations sont entre autres proposées en économie (finances et taxation), gestion, lettres, langues.
À la conquête de l’outremer
Bien que Maurice offre aujourd’hui un large éventail de choix d’institutions pour des études supérieures, beaucoup ambitionnent, une fois le HSC en poche, de quitter Maurice pour l’étranger. Pendant des années, l’Europe, plus précisément l’Angleterre et la France, avait la cote. Aujourd’hui, c’est l’Asie qui est convoitée en raison de la reconnaissance internationale de ses diplômes. En outre, des universités britanniques et australiennes ont ouvert des campus en Malaisie où les mêmes programmes sont à 50 % moins cher.
La Chine est l’autre destination qui attire les jeunes pour des études de médecine. Ces universités étrangères sont représentées à Maurice par plusieurs organismes enregistrés, entre autres, l’Overseas Education Centre, l’IDP et la Malaysian Education Co Ltd.
Les jeunes doivent toutefois se méfier de certaines institutions qui ne sont nullement habilitées à recruter des étudiants. La liste de celles qui sont enregistrées en bonne et due forme est disponible auprès du ministère. Dans un mois, environ, les institutions précitées, publiques ou privées, organiseront leurs journées portes ouvertes annuelles à l’intention des aspirants étudiants. Ce sera l’occasion pour eux de s’enquérir davantage sur les opportunités qui leur sont offertes et de postuler dans une institution de leur choix.