Selon le dernier rapport 2016 de la Tertiary Education Commission, 11 099 Mauriciens sont partis à l’étranger en 2015 pour poursuivre des études supérieures, ce qui représente une hausse comparée à 2014. Cette année encore, ils sont plusieurs milliers à avoir postulé pour une université étrangère. Alors que l’engouement pour des institutions locales ne cesse de diminuer, l’on note que les jeunes d’aujourd’hui sont surtout soucieux de leur avenir en perspective de trouver un emploi après les études. Dorish Chitson, la directrice de l’OVEC, qui envoie chaque année des jeunes dans plusieurs pays du monde, nous parle des raisons qui poussent ces jeunes à faire le grand saut.
Le nombre de Mauriciens souhaitant poursuivre leurs études à l’étranger a nettement augmenté au cours des années, bien que de nombreuses institutions internationales aient mis en place un campus à Maurice. Selon Dorish Chitson, la raison tient principalement au fait que Maurice est un petit marché et que beaucoup de jeunes diplômés restent au chômage. « Ces jeunes veulent être des étudiants internationaux, avec l’espoir de trouver un emploi n’importe où après leurs études », dit-elle. La plupart des étudiants, explique-t-elle, optent pour l’Australie et le Canada, qui ont besoin d’une plus grande main-d’oeuvre. Sans compter que ces pays leur donnent ainsi un permis de travail automatique lorsqu’ils terminent leur scolarité, chaque pays ayant toutefois sa particularité.
Ainsi, l’Australie offre aux étudiants un permis de travail d’au moins 2 ans, mais l’option de résidence permanente se fait, elle, au cas par cas. Les étudiants au Canada, eux, obtiennent une expérience de travail international inestimable dans le cadre du coop-programme. Beaucoup de collèges et d’universités de ce pays proposent ces programmes de placement comme un moyen d’améliorer le curriculum avec l’expérience de l’industrie dans le monde réel. A noter qu’à travers le programme “coop”, les étudiants parviennent donc à passer un semestre d’apprentissage en classe tandis que, le semestre suivant, ils appliquent leurs connaissances sur un lieu de travail, où ils reçoivent non seulement des contacts commerciaux inestimables, mais peuvent également être payés. « Les parents recherchent toujours un retour sur investissements dans les études de leurs enfants », affirme la directrice de l’OVEC.
Parmi les étudiants qui s’envolent pour l’étranger, on note un engouement pour les études en “engineering”, en comptabilité et en droit. Par ailleurs, même si les jeunes préfèrent étudier dans une université étrangère, le facteur finance reste toujours un obstacle. Ce qui explique que les universités asiatiques ont toujours la cote. « Nous essayons donc de trouver des destinations plus abordables, comme les campus chinois des universités occidentales, comme Nottingham, Monash. Ces universités disposent d’un contrôle de qualité strict et les étudiants obtiendront un diplôme authentique du Royaume-Uni ou de l’Australie », souligne la directrice de l’OVEC. Elle précise que « l’OVEC est bien plus qu’un endroit où on reçoit des conseils pour remplir un formulaire de demande » d’admission. « Nous suivons les étudiants tout au long de leurs études et nous nous efforçons de résoudre les problèmes auxquels ils font face. L’OVEC est continuellement en négociation avec ces institutions pour offrir davantage de bourses d’études aux étudiants brillants. »
L’OVEC reçoit ce mois-ci, à partir du 15, des représentants des institutions canadiennes et australiennes pour des sessions de travail. Des étudiants peuvent se renseigner dans les locaux de l’OVEC, à Moka, et postuler pour des cours avec leur “forecast result”. De même, l’admission pour ceux souhaitant faire leur Master est toujours ouverte.