La réforme se fera également dans le secteur de l’éducation tertiaire, notamment avec l’adoption d’une Higher Education Act et de nouvelles responsabilités pour la Tertiary Education Commission (TEC). C’est ce qu’a annoncé la ministre de tutelle, Leela Devi Dookun-Luchoomun, hier lors d’une visite au Charles Telfair Institute. Elle souhaite également un partenariat entre les institutions privées et publiques afin de mieux répondre aux besoins du secteur.
« Ces derniers temps, les médias ont beaucoup parlé du projet “Nine-Year Basic Continuous Education”. À tel point qu’on m’a accusée de négliger les autres secteurs. Toutefois, la réforme se fera à tous les niveaux dans le secteur de l’éducation, allant du préscolaire au tertiaire », a déclaré Leela Devi Dookun-Luchoomun en s’adressant aux élèves et au personnel du CTI ce matin. Elle a ajouté que pour accomplir la vision économique élaborée par le Premier ministre, des personnes qualifiées sont nécessaires. D’où l’importance, dit-elle, de l’éducation supérieure. Selon elle, trois principes fondamentaux sont nécessaires pour progresser dans ce domaine : l’internalisation du secteur de l’éducation, le développement de la recherche et une réponse aux défis posés par la duplication et le manque de diversification dans ce domaine.
Dans ce contexte, elle a émis le souhait que les institutions engagées dans les études supérieures ne soient pas simplement concurrentes. « Vous pouvez aussi apprendre à optimiser les ressources humaines et logistiques. Nous voulons encourager la complémentarité. Nous voulons aussi développer des partenariats entre le privé et le public. » À titre d’exemple, Leela Devi Dookun-Luchoomun a cité l’intérêt du CTI pour la formation des enseignants. « Dans ce contexte, il peut y avoir un partenariat avec le MIE. »
De son côté, Eric Charoux, directeur du CTI, a souligné qu’à un certain moment, le secteur privé était accusé de ne s’intéresser qu’aux profits, et pas aux intérêts du pays. Il a rappelé que, de nos jours, le secteur privé joue pleinement son rôle social, y compris dans le domaine de l’éducation. Il a même relaté qu’il y a quelques années, un ministre de l’Éducation lui avait écrit pour lui faire part de son étonnement que la DCDM Business School voulait devenir une université. Et aujourd’hui, c’est une réalité. « Avec son expérience et son savoir-faire, le secteur privé peut contribuer à renforcer le “knowledge hub”. Nous sommes en faveur de partenariats public/privé et pour des consultations. »
Lors de cette rencontre avec Leela Devi Dookun-Luchoomun, un membre du personnel a évoqué la possibilité pour les “academics” du privé d’apporter également leur contribution. À cela, la ministre a déclaré que la TEC sera ouverte au privé. Un étudiant a, lui, voulu savoir s’il y aura du travail après ses études, car beaucoup de diplômés sont actuellement au chômage. Leela Devi Dookun-Luchoomun a d’abord répondu que l’université forme avant tout pour la vie, et non pas pour faire un métier spécifique. Elle a tout de même souligné que le gouvernement développera de nouveaux piliers économiques et que les jeunes devraient pouvoir saisir les opportunités qui se présentent à eux.