Le Dr Rajah Madhewoo souhaite interpeller les autorités face au calvaire que vivent actuellement six Népalais venus étudier le Hospitality & Management au sein de l’institution Spherinity à Maurice. Ces derniers, soutient-il, ont été victimes de fausses promesses de travail, d’argent et de diplôme.
« Ces étudiants se sont fait berner. Ils ont dépensé Rs 300 000 pour venir étudier le Hospitality & Management à Maurice au Spherinity, qui est dirigé par Ashwini Bhonaiko. Cet organisme leur a dit qu’ils pouvaient décrocher un emploi en parallèle avec leurs études et qu’ils seraient rémunérés en euros. Au final, ils n’ont eu aucun diplôme et pas d’argent pour survivre. Ils sont dès lors obligés de demander à leurs proches de payer leur billet de retour au Népal. Cette situation est inconcevable, » a déclaré le Dr Rajah Madhewoo lors d’un point de presse hier.
Au départ, explique-t-il, ces étudiants étaient au nombre de 40, dont cinq jeunes filles. Actuellement, ils ne sont que six à Maurice, et espèrent faire entendre leurs voix. L’un d’entre eux, Tulasi Bhattaria, souffre d’une lésion à la jambe suite à une chute. Il devait reprendre l’avion hier et, comme il n’a pas d’argent, c’est son frère qui a dû payer son billet de retour. Le Dr Rajah Madhewoo soutient que les parents de ces étudiants ont mis toutes leurs économies pour qu’ils puissent faire des études poussées à Maurice, qui est pourtant promue comme étant une plateforme estudiantine sûre à l’international.
« Ces parents ont pris des emprunts à la banque. Leurs enfants n’ont eu en fin de compte aucun diplôme. Ils n’ont même pas de quoi vivre ou se nourrir. Ce qui est pire c’est qu’au Spherinity, où ils se sont enregistrés comme étudiants, on leur a même proposé de prendre des cours en IT alors qu’ils étaient venus étudier le Hospitality & Management Hotel ». Selon le Dr Rajah Madhewoo, « on a fait croire à ces étudiants qu’ils pourraient entre-temps travailler dans un hôtel et toucher environs Rs 72 000 en euros. »
Le secondant, le travailleur social Eddy Sadien admet que sans l’aide du Dr Madhewoo, ces étudiants auraient été livrés à eux-mêmes. « Le Dr Madhewoo a pris à sa charge le logement de ces étudiants pour qu’ils ne se retrouvent pas à la rue. Il y a une loi qui dit que ces étudiants ne peuvent travailler à Maurice, la question qui se pose maintenant est comment feront-ils pour subvenir à leurs besoins face à des personnes sans scrupule ? » Les deux intervenants souhaitent interpeller les autorités quant à la situation difficile dans laquelle ces étudiants népalais se retrouvent. « On lance un appel au ministère de l’Éducation et au Premier ministre pour qu’ils se penchent sur le cas de ces étudiants népalais. On veut faire de Maurice un education hub, mais il faudrait d’abord mettre en place une structure adéquate », soutient Eddy Sadien.
Le Dr Rajah Madhewoo a également confié que le manager de Spherinity ne s’est jamais manifesté, ce malgré les différents rappels des autorités. « Ces étudiants ont déboursé Rs 300 000. Ce n’est pas normal qu’ils ne soient pas remboursés vu qu’ils doivent demander à leurs parents de payer de nouveau leur billet de retour. Certains ne veulent pas rentrer dans leur pays, ils sont venus à Maurice pour étudier et souhaitent que leurs droits soient respectés ». Rajah Madhewoo insiste ainsi auprès du gouvernement afin de revoir le sort des étudiants népalais, qui ne rejoint en rien la vision exprimée par le gouvernement de faire de Maurice un education hub.