Le compte à rebours est lancé. Il restera 100 jours demain aux organisateurs de l’Euro 2020 pour peaufiner les préparatifs d’un tournoi au format inédit dans douze pays, avec une inconnue majeure autour du coronavirus qui bouscule déjà le football européen.

Billetterie, stades, transport, sécurité, visa: à trois mois du match d’ouverture entre l’Italie et la Turquie, le 12 juin à Rome, tout semble en ordre de marche. Mais l’ombre du nouveau coronavirus, épidémie venue de Chine et qui touche désormais le continent européen, jette un voile d’incertitude. Si le sujet s’est ajouté au menu du comité exécutif de l’UEFA à Amsterdam, l’instance de gouvernance du football européen se veut pour l’heure rassurante. “L’UEFA est en contact avec les autorités internationales et locales compétentes concernant le coronavirus et son développement. Pour l’instant, il n’est pas nécessaire de modifier quoi que ce soit dans le calendrier prévu”, assure l’organisation présidée par Aleksander Ceferin.

Pour autant, l’épidémie de nouveau coronavirus a dépassé hier le bilan de 3000 morts, dont 34 recensés en Italie, pays le plus touché en Europe. Au pays du “calcio”, le calendrier a déjà été bousculé en réponse à la propagation du Covid-19. L’Inter Milan a ainsi organisé à huis clos son match d’Europa League, le 27 février contre Ludogorets, et dix matches de Serie A ont été reportés.

Dans ce contexte, les supporters eux-mêmes commencent à s’interroger sur le maintien du tournoi continental, du moins dans son schéma d’origine. Malgré cela, les fans des 20 équipes déjà qualifiés – 4 autres le seront à l’issue des barrages fi n mars – continuent de s’organiser pour le grand chassé-croisé de l’été, avec des déplacements dans plusieurs villes d’Europe.

Tous les stades hôtes sont “opérationnels”, en particulier la Puskás Arena de Budapest (seule enceinte construite pour l’événement) inaugurée en novembre, et “les infrastructures de transport nécessaires sont également en place bien avant le début du tournoi”, souligne l’UEFA. Une chose est sûre, ce tournoi éclaté aux quatre coins de l’Europe n’a pas refroidi l’enthousiasme des supporteurs, à en croire les chiffres délivrés par l’UEFA. L’instance basée à Nyon, en Suisse, assure avoir reçu plus de 28 millions de demandes de billets, soit deux fois plus qu’à l’Euro 2016 organisé en France, alors que trois millions de billets ont été mis en vente jusqu’à présent. Dans la foulée des barrages du 31 mars, d’autres sésames seront disponibles pour les suiveurs des pays vainqueurs.

La fête du football européen sera-t-elle totale? Ou la crise du coronavirus s’invitera-t-elle à la dernière minute? Réponse dans les jours et semaines à venir.