Depuis mercredi dernier, la veillée d’armes pour la décision du Directeur des Poursuites Publiques (DPP), Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, a été entamée par rapport à sa décision suite à la conclusion de l’enquête de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) sur l’Euro-Loan de 1,1 million d’euros à un taux d’intérêt fixe de 1,5% par an. Dans un premier temps, l’ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, s’est laissé aller à l’euphorie instantanée devant le Legal Advice du DPP au commissaire de police, Karl Mario Nobin, au sujet de « pas de charge provisoire à ce stade ».
Mais, très vite, les milieux avisés se sont rendu compte que la recommandation de l’ICAC dans son Final Report est que des éléments d’un Prima Facie Case sont présents dans cette affaire de facilités bancaires de Rs 45 millions accordées par la State Bank of Mauritius à un Senior Member of Cabinet avec cette même société d’Etat dans son portefeuille de responsabilités ministérielles. Néanmoins, la responsabilité de confirmer s’il y a lieu de loger des Formal Charges sur la base de ces preuves relève uniquement de l’Office of the Director of Public Prosecutions, qui pourra également réclamer des compléments d’informations, si le besoin se fait sentir, comme cela a été le cas de l’enquête du Central CID concernant Rakesh Gooljaury dans l’affaire du bungalow de Roches-Noires.
Depuis la fin de la semaine écoulée, une équipe de State Law Officers, affectés au service du DPP, épluche les différentes étapes de l’Euro-Loan Saga, les témoignages recueillis et la Documentary Evidence obtenue par le truchement de quatre Judge’s Orders de la Cour suprême sans oublier les explications contradictoires au sujet du montant initial du prêt entre 1,1 million d’euros et 400 000 euros. Le DPP tentera de déterminer s’il n’y aurait pas matière à poursuite contre des officiers de la banque, responsables des écarts allégués de procédures. Toutefois, la difficulté se pose dans le sens que la State Bank of Mauritius Ltd s’est toujours battue contre l’ICAC pour faire comprendre que les employés ne tombent pas dans la catégorie de Public Officials, comme définie dans le Prevention of Corruption Act.
Au fil des jours, le suspense ne fera que s’accentuer, que ce soit dans le camp de l’ICAC ou encore dans l’entourage du ministre des Affaires étrangères, qui a soutenu face à la presse, lundi dernier, que « j’en ai assez de ce bluff qui veut me faire passer pour un pourri, alors que je suis le plus droit de ce gouvernement, le plus transparent aussi. I mean it »…