Au delà de ses fiers vestiges du passé colonial, Mahébourg, village encore peu touristique, vit au rythme d’un autre temps au milieu d’un magnifique cadre naturel et préservé. Il y règne comme un parfum d’évasion et d’aventures. Son lagon bleu étincelant, ses paysages montagneux, ses îlots sont autant d’atouts et d’invitations à la rêverie. Embarquer à bord du Harris Wilson pour se laisser voguer sur les eaux turquoises est l’une des plus belles façons de découvrir les paysages du sud-est. C’est au départ de la Pointe des Régates, dans un univers lounge et chic, que le catamaran fait découvrir à ses clients en quête d’évasion, une nouvelle expérience à travers des paysages à couper le souffle.

C’est parfois de la mer qu’on apprécie le mieux toute la beauté du paysage de notre île. Pittoresque, tranquille, loin de la pesanteur des villes, Mahébourg, village des pêcheurs, sait offrir de magnifiques espaces d’évasion à travers ses spots de plongée, ses île de la Passe, île au Phare. Tout comme le reste de la côte du sud-est à travers les plages iconiques de l’île aux cerfs et la rafraîchissante cascade de la Grande-Rivière-Sud-Est. 

Rendez-vous est donné à 10h30 pour un retour à 18h au départ de la Pointe des Régates. Le Harris Wilson, l’un des plus grands catamarans de Maurice, veut sortir des sentiers battus en évitant la fréquentation massive des plaisanciers (ces derniers quittent généralement la baie très tôt) durant cette période estivale. Tout en s’affranchissant des contraintes de la forte fréquentation nautique, la nouvelle expérience du Harris Wilson est de proposer à sa clientèle une sortie en toute tranquilité, dans un univers luxueux, confortable et spacieux.

Pour rejoindre le catamaran, mouillé sur les eaux calmes de la baie, une petite embarcation est venue récupérer les passagers sur le front de mer. A bord du multicoque conçu avec un esprit détente et aventure, les passagers prennent place dans les différents espaces salons pour s’émerveiller devant les multiples paysages, pendant que d’autres choisissent de s’installer sur l’énorme trampoline baignée de soleil. L’espace où se mêlent créole local, accent brésilien, français, anglais est tout de suite convivial.

Poussé par le vent, l’embarcation quitte doucement la baie, dévoilant dès le départ les charmes du littoral: une nature qui s’y déploie avec grâce à travers une végétation encore brute qui ourle le paysage et devant laquelle se dresse majestueusement la montagne du Lion. Au fil de l’eau, la magie opère. On renoue avec l’idée de goûter au calme et à la liberté. La journée est placée sous le signe de la bonne humeur. On rêve de vivre à vie à ce rythme.

Si rien ne vient troubler la quiétude sur l’eau, la vie sous l’eau serait tout aussi apaisante. On est à proximité d’un site de plongée très connu des passionnés du snorkeling: le Trou Mautou, le refuge d’une faune diversifiée mais aussi pour les statuettes de divinités hindoues qui y sont enfouies. C’est le moment d’explorer les fonds marins en petits groupes, munis de masques et tubas. Les confirmés pourront ensuite rassurer les novices en racontant leurs expériences.

A la rencontre du passé
La découverte est loin d’être finie. Les charmes du sud continuent de s’égrener devant nous. Nous nous laissons porter au fil de l’eau. Jusqu’aux îles, fouettées de vagues, coiffées d’une nature indomptée, et jalousement préservée. Nous sommes face à l’île de la Passe. Dentelée d’une végétation luxuriante, elle résonne comme une nouvelle invitation à la découverte. Mais l’abordage est délicat. Pendant ce temps, l’un des « guides » ne tarira pas d’explications historiques sur l’île. Ainsi, l’île de la Passe doit son nom à sa situation à côté d’une passe où l’eau particulièrement profonde permet l’entrée de navires de gros tonnages dans le lagon de Mahébourg. Cette profondeur et la configuration générale de la baie font de cet endroit le meilleur port naturel de Maurice. Toutes les allées et venues dans la baie pouvaient être contrôlées de l’île de la Passe, ce qui lui a conféré une grande importance au 18e siècle et au début du 19e. Une poudrière, un four à boulet rouge, un magasin, une citerne d’une capacité de 1100 litres, une tour d’observation et une salle de projecteur sont parmi les vestiges qui y sont conservés.

Après en avoir pris plein les yeux et pris quelques images pour se replonger dans ce moment, nous la laisserons se prélasser tranquillement dans les eaux verdoyantes et irisées de l’océan.

Nous poursuivons notre découverte des vestiges du passé colonial sur l’île voisine: l’île au Phare. On quitte le catamaran, prend à nouveau la petite embarcation, trempons nos pieds nus dans une eau surchauffée par le soleil pour explorer pour la première fois ce lieu classé monument historique.

Le paysage ici est vieux de plusieurs siècles. Pas étonnant que son phare, ses murs aient encore beaucoup d’histoire à raconter. Dominant la mer, cette île a joué un rôle d’avant-poste et de témoin privilégié lors de la bataille navale de Vieux Grand-Port en août 1810 qui est la seule victoire navale napoléonienne française. L’âme authentique de Mahébourg se respire même jusqu’ici. On prend de la hauteur pour admirer tout le paysage à couper le souffle qui s’étale devant nous: une vue panoramique dégringole le long d’une mer déclinée dans des nuances de bleu, un bleu envoûtant, pour rejoindre la chaîne de montagnes. Une vue accroissant le sentiment de liberté.

Rocailleuse et baignée de soleil, l’île est pleine de charme avec la couleur de ses roches sculptées comme de la dentelle contre lesquelles viennent de fracasser de grosses vagues. Nous l’arpentons en presque 20 minutes, avec nos indispensables chaussures de marche et lunettes de soleil, tout en le savourant au rythme d’un autre temps. A droite, en direction de l’île de la Passe, des étonnants rochers, façonnés par les vagues, comblent entièrement le paysage. Il y règne là une atmosphère des plus sereines. Seuls les rires et les discussions troublent le silence qui règne dans cette partie sauvegardée. Cette plage, le bruit des vagues s’écrasant sur le sable, ce paysage, cette végétation aride, ce calme… Tout a un pouvoir de guérison sur tous les maux qui empoisonnent l’existence. On est un peu à l’orée de la poésie et de l’évasion.

Certains en profitent pour prendre quelques clichés de cette île, appelée aussi l’île aux Fouquets, et qui arbore encore ses fiers vestiges, de ses escaliers qui grimpent jusqu’au phare et dont il manque quelques marches ou encore de quelques piaillement de paille en queue, ou du gecko (l’île est aussi un sanctuaire pour les lézards endémiques) grimpant un rocher ou encore de la vue plongeante sur le littoral.

On se rend compte que la moitié du voyage est déjà fini. Il est temps maintenant de rejoindre le Harris Wilson pour découvrir d’autres atouts du sud-est. Et admirer après une belle navigation la cascade de la Grande-Rivière-Sud Est. Ici, l’eau tombe en trombe dans un petit bassin naturel et des légendes racontent que les anguilles géantes et des requins viennent se réfugier ici.

La cascade de GRSE, l’un des incontournables du sud-est

Puis, nous passons au large des mangroves de l’île aux cerfs. La mer s’est retirée et un tapis de sable fin et immaculé se dresse devant nous comme une invitation à une balade différente qui se terminera vingt minutes plus tard. Nous clôturerons cette journée à Mahébourg quand le soleil nous abandonne. Derrière les montagnes, avec ses couleurs flamboyantes, le coucher du soleil ne fait qu’accentuer la beauté des paysages, tout en procurant d’autres émotions. Nous reprenons la route, le regard et les pensées pointées vers la mer, prêts à renaître au moindre rayon de soleil.