Le père du célèbre détective privé Léo Loden, les auteurs de Mégacomplots à Tananarive, les têtes de pont du collectif Cro’Art et quelques espoirs de la bande dessinée mauricienne feront face au public la semaine prochaine à l’occasion de la quatrième édition du festival Îl’ en bulles. Quatre expositions, des ateliers pour professionnels et pour amateurs ainsi qu’une série d’ateliers gratuits pour grands débutants, les incontournables séances de dédicaces et aussi un spectacle inédit : les amateurs du neuvième art ne devraient pas s’ennuyer du 4 au 7 décembre. Il faut dire qu’ils ont été un peu sevrés ces dernières années…
Il’ en bulle donne rendez-vous aux bédéphiles du 4 au 7 décembre après six ans d’interruption. L’essentiel des manifestations publiques auront lieu au Caudan Waterfront, en plus des ateliers prévus à l’IFM et dans les alliances françaises de Triolet et Mahébourg. L’hôtel Hennessy accueille aussi une exposition dans ce cadre autour de l’album collectif Île était une fois…
La bande dessinée mauricienne semble mener une existence chaotique, qui la rend plus ou moins présente et visible dans l’actualité et les librairies du pays. Le directeur de l’Alliance française Bruno Dumazel nous explique par exemple qu’il serait impossible d’envisager l’organisation du festival Îl’ en Bulle sans son alter ego réunionnais Cyclone BD, pour diminuer les coûts… Depuis la dernière édition du festival en 2007, les dessinateurs qui ont émergé ces quinze dernières années sont généralement restés dans le secteur de l’illustration, devenant souvent professionnels pour des maisons d’édition ou des studios d’arts graphiques.
S’ils n’ont pas toujours accès à des contrats avec des éditeurs de bande dessinée, ils ne manquent pas d’idées ou d’envie de création quand l’occasion se présente. Le manque de plate-forme régulière, d’un support tel que l’ont été Ticomix ou Koli-Xplosif qui ont existé pendant une courte période, ou encore d’événements tels que ce festival fait qu’on en reste à un milieu de passionnés, qui n’élargissent pas leur public autant que souhaité. Dernière grande initiative subventionnée de création mauricienne en matière de bande dessinée, l’album Île était une fois sorti en 2011 n’est même pas référencé par tous les libraires, au grand regret d’ailleurs des auteurs qui y ont contribué. Bruno Dumazel se veut rassurant en laissant entendre que l’activité BD pourrait reprendre régulièrement avec l’Alliance Française sous la forme d’un atelier en alternance avec le festival une année sur deux…