La venue de l’humoriste Jamel Debbouze, annoncée en primeur sur le réseau social Facebook, a provoqué un véritable buzz auprès du public mauricien avec un record en termes de vente, faisant de son spectacle le « fastest selling event » dans l’histoire de l’événementiel local. 7 400 billets écoulés en à peine 48 heures pour les deux représentations prévues les 15 et 16 mars. Un nombre considérable de fans invétérés de la star se sont retrouvés sans billet même si certains étaient dans les premières positions dans les files d’attente dès le début de la vente le vendredi 1er mars à midi. Avec la stratégie de communication de la société Mar’Com — le producteur du spectacle de Jamel Debbouze — et le déroulement de la vente des billets sous la responsabilité du Rezo Otayo, de sérieuses interrogations sont soulevées par les die hards.
Au départ, une simple vidéo de quelques secondes, intitulée « Ki pozition Moris », et diffusée sur la toile, a tout déclenché concernant le spectacle de l’humoriste. Certains s’étaient habitués au fait que ce genre d’annonce soit effectué par voie de communiqué de presse ou durant un exercice médiatique, et cela au moins deux mois à l’avance. Mais la direction de Mar’com, filiale de British American Investment (BAI), affirme que Facebook a été choisi comme médium pour faire le buzz autour du spectacle de Jamel car ce réseau social est devenu la plateforme incontournable pour une distribution instantanée de l’information.
« Nous avons choisi un support visuel où ce serait Jamel lui-même qui annoncerait sa venue à Maurice. C’est tout simplement de la communication moderne, permettant à l’artiste de s’adresser lui-même et directement à son public », explique Javed Bolah, vice-président de Media and Communications de BAI. À l’inverse, beaucoup de Mauriciens et de fans de l’humoriste s’estiment lésés par le choix de diffusion de l’annonce d’un tel événement. « Si je ne suis pas un utilisateur de Facebook et si je n’ai aucun accès à l’internet, comment fais-je pour savoir que Jamel vient à Maurice ? », s’interroge Odile, une des fans de l’humoriste. Autre aspect sur lequel un groupe de personnes déçues attire l’attention : des publicités annonçant les deux spectacles de Jamel Debbouze ont été placées dans les principaux journaux du week-end alors que la plupart, ou si ce n’est la quasi-totalité, des billets avaient déjà été vendus.
Certains fans vont plus loin en déplorant sans détour un « manque de transparence » autour de la vente des billets, vu la vitesse avec laquelle ils ont été écoulés — principalement les moins chers — dès la première heure de leur mise en vente. Environ 3 700 billets par représentation ont été vendus, répartis en quatre catégories : carré d’or (Rs 2 500), première (1 800), seconde (Rs 1 200) et latérales (Rs 800). Certaines personnes ayant fait la queue pendant plus d’une heure en vue de se procurer des billets étaient dépitées lorsqu’elles ont appris que ceux à Rs 800 étaient épuisés. C’est le cas de Vincent qui patientait devant le stand d’Otayo au Caudan Waterfront depuis 11 h le vendredi 1er mars. Il était cinquième dans la file d’attente mais arrivé devant le guichet, il a été déçu d’apprendre que les billets à Rs 800 étaient épuisés. D’autant plus, qu’il a dû patienter durant une heure. Comment expliquer que des personnes se trouvant parmi les cinq premières dans une file d’attente dès le début de la vente des billets à midi vendredi dernier n’ont pu obtenir des places à Rs 800 ? Javed Bolah, le responsable de communication autour de cet événement, répond : « Le système de Otayo a subi une véritable surcharge et certains points de vente ont eu des difficultés à se connecter au serveur principal alors que les ventes continuaient dans d’autres endroits. Les plates-formes d’Otayo ont été littéralement submergées, pour ne pas dire, prises d’assaut. Des foules importantes ont été notées dans les dix points de vente de l’île, ce qui a occasionné certains désagréments techniques dans certains points de vente. Mais, la majorité des gens qui ont fait le déplacement, ou qui avaient réservé en ligne, ont pu obtenir leurs billets. Il y a d’ailleurs eu une demande phénoménale pour les billets, qui se sont écoulés en à peine 48 heures. Malgré ces soucis techniques, Otayo a pu gérer la situation de façon très professionnelle. »
Toutefois, certains milieux bien informés n’hésitent pas à avancer qu’un nombre important de billets a été alloué ou réservé aux sponsors, laissant peu de choix au public pour se procurer les billets les moins chers. La cellule de communication de la BAI confirme qu’une partie des billets ont été réservés par les sponsors mais que la majorité a été placée sur le marché. « Une partie des billets a été allouée aux sponsors selon l’accord de partenariat avec la dizaine de sponsors, tout en assurant que la majorité des billets ont été mis sur le marché afin de permettre à un maximum de Mauriciens de venir voir le roi de l’humour français. » Ainsi, les billets pour les deux spectacles, mis en vente à midi le vendredi 1er mars, ont été tous vendus ou ont été réservés, par téléphone ou en ligne en moins de 48 heures, explique-t-on.
On apprend par ailleurs que la décision d’organiser une deuxième représentation de Jamel Debbouze le 15 mars a été prise en fonction du succès de la vidéo de Jamel lancée sur YouTube, avec plus de 20 000 visionnages en 24 heures. « Ce qui nous a poussés à croire qu’une représentation ne suffirait pas. Nous avons alors entamé des négociations avec le management de Jamel. À 4 heures du matin, le vendredi 1er mars, c’est-à-dire le jour même où les billets allaient être mis en vente, nous avons eu la confirmation pour une deuxième représentation », explique Javed Bolah. La venue de Jamel Debbouze à Maurice a été concrétisée depuis quelques mois suite aux négociations avec Live Nation, le leader mondial de l’Entertainment alors que l’idée même avait germé il y a déjà plusieurs années.
Et attendant sa venue dans l’île dans quelques jours et ses deux spectacles, l’humoriste Jamel Debbouze a fait énormément parler de lui. Le buzz aura finalement été créé. Heureux les sacrés veinards qui sont parvenus à se procurer les “visas humour” tant convoités pour le Swami Vivekananda International Convention Centre les 15 et 16 mars…