Lors de sa dernière assemblée à Madagascar du 22 au 25 août, le Comité permanent de l’Église anglicane de l’océan Indien, sous la direction de Mgr James Wong, l’archevêque de la région, a fait un tour d’horizon de la vie politique et sociale dans les îles. Selon le constat de cette instance dirigeante anglicane dans un communiqué émis à la fin de leurs travaux : « Le peuple des îles de l’océan Indien est constamment agité par des vents d’insécurité, d’instabilité, la dégradation de mœurs et la corruption tant sur le plan politique, économique, écologique que sur le plan social et familial. »

Cette instance régionale de l’Église anglicane est composée de huit évêques et de représentants des clergés et des laïcs de chaque diocèse de la Province océan Indien. Outre les questions d’ordre strictement religieux et aussi celles concernant le fonctionnement des diocèses respectifs, ce comité permanent s’intéresse aussi aux préoccupations des habitants des îles par rapport à la vie politique, sociale et économique. D’où ses observations relatives à trois questions spécifiques qu’ils ont fait part dans le communiqué émis le 24 août à la fin des travaux et signé par les évêques (voir plus loin).
Ce comité anglican souligne que l’Église ne s’ingère nullement dans la vie politique des îles de la région mais qu’elle « a la responsabilité, d’encourager et de mobiliser les forces vives de nos sociétés respectives et les croyants à développer une approche beaucoup plus proactive dans la consolidation d’un avenir qui soit prospère et pour la génération présente et future du peuple de nos Républiques respectives ». Ce comité ajoute que tout individu « indépendamment de son appartenance politique, régionale, ethnique, religieuse et culturelle, a le droit de vivre dans une société qui veille à l’épanouissement personnel et social de ceux et celles qui la constituent ».

Maurice : « Surpris par l’envergure de la drogue »

Le Comité permanent de l’Église anglicane s’est intéressé au rapport de la Commission sur la drogue à Maurice, et ses dirigeants se disent « surpris par l’envergure de ce fléau qui met en péril tout le fonctionnement de la société mauricienne ». Et d’ajouter : « Les cellules familiales, la profession légale, les religions et le pouvoir politique sont pointés du doigt pour leur manque de vigilance et d’actions concrètes pour détruire une mentalité corrompue par l’appât du gain. » Cette instance anglicane ajoute qu’un « matérialisme rampant infecté par un excès de gourmandise vient effriter les valeurs de respect et de responsabilité mutuelles nécessaires pour un développement à visage humain ».