– Fazila Goorahoo : « Pa touss nou lasiet manze »

Ils sont mécontents après avoir pris connaissance de la décision du maire de la ville de Beau-Bassin/Rose-Hill, Ken Fong, de faire partir les maraîchers de la foire de Rose-Hill pour offrir l’espace au projet Metro Express. Les commerçants de l’Arab Town, de la foire Da Patten et de la foire de Rose-Hill – dont l’activité dépend de leurs clients – ont de fait créé un front commun pour lutter contre toute décision susceptible de nuire à leur travail.

« La foire de Rose-Hill et de l’Arab Town marchent en parallèle. Les clients qui sortent de cette foire passent souvent à l’Arab Town pour leurs achats. Ainsi, grâce à eux, nous assurons nos activités », soutient le président de l’Arab Town, Imtaz Ali Jaumeer, au Mauricien. La décision de détruire cette foire et de la déplacer dans un autre lieu, dit-il, « affectera les commerçants ». Il poursuit : « Déjà, Rose-Hill est devenue un chantier et, en conséquence, le nombre de clients a diminué. La décision de déplacer la foire corsera davantage le travail des commerçants, qui auront encore plus de difficultés à trouver des clients. »

Cette éventualité angoisse également Fazila Goorahoo, commerçante à la foire Da Patten. « Pa touss nou lasiet manze », lance-t-elle en direction du maire. « Nous avons trop enduré. Maintenant, trop, c’est trop. Nous avons crée un front commun et tous les commerçants de ces trois foires sont soudés »,dit-elle. Selon elle, les commerçants de Da Patten se trouvent « dans une place perdue où il est difficile d’avoir des clients car le lieu est un repaire pour les drogués et la prostitution ». Anxieuse, elle poursuit : « Nous recevons peu de clients. Le fait d’écraser cette foire et de reloger les maraîchers sera à notre désavantage. »

Selon Fazila Goorahoo, « ceux qui s’asseyent au conseil ne connaissent pas la réalité du terrain comme les commerçants, qui éprouvent des difficultés à écouler leurs produits ». Les commerçants de Da Patten « ne sont pas heureux », dit-elle encore, ajoutant qu’un « drame humain se joue dans cette foire tous les jours ».

Par ailleurs, selon un conseiller, la décision du maire de reloger les maraîchers de Rose-Hill n’a jamais été évoquée. « On n’a même pas dit où seront relogés ces maraîchers. Lorsque ces derniers ont appris qu’ils seront relogés, ils se sont angoissés », dit-il. Et d’ajouter qu’aucune décision n’a été prise avec les “stakeholders”. Par ailleurs, après la création du front commun, les membres se concertent sur la marche à suivre lorsque la décision du maire sera exécutée.