L’architecte et artiste Salim Currimjee expose un tableau grand format peint en un an entre le 1er juillet 2012 au 30 juin 2013 et 365 petits tableaux réalisés chaque jour durant cette même période dans l’ancien bâtiment de la société Hertogs, au 4 rue Sir William Newton, à Port-Louis. Le vernissage de cette exposition intitulée Solus a eu lieu jeudi après-midi et elle est visible jusqu’au 19 septembre.
Lorsque vous demandez à Salim Currimjee de parler de sa démarche, il vous renvoie tout de suite « au petit texte qui la résume » et qu’il expose dans la salle : ce projet a été conçu après la lecture de « The daily practice of painting », de l’artiste visuel allemand Gerhard Richter. Un livre qu’il a lu il y a une dizaine d’années, affirme-t-il au Mauricien qui le rencontrait en ces lieux peu avant le vernissage. « Et un jour, on se dit, on le fait : un tableau tous les jours », dit-il.
Le défi pour Salim était de réaliser un petit tableau format 15×20 cm par jour, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, qu’il ait l’inspiration ou pas, qu’il soit de bonne ou de mauvaise humeur. « On sait qu’il y a quelque chose à faire et on le fait. »
Parallèlement, il travaillait sur un grand, un contre-plaqué de 2m40 par 4m60 : un travail qui demandait plus de réflexion et sur lequel il pouvait revenir. Pour lui, « the rigour of having to complete one work per day vs. one over a year sets up an interesting dialogue on what you paint, how you paint, why you paint ». Il résume sa démarche : « The act of doing vs. the act of thinking. »
Au-delà de la routine et de tout ce que l’on prend pour acquis, chaque jour est un nouveau jour, observe-t-il. Ainsi son oeuvre picturale, réalisée en toute solitude, d’où l’intitulé de l’exposition « Solus » en latin, propose 365 images uniques traduisant son humeur du moment. Des formes et des couleurs qui rappellent parfois sa dernière exposition tenue en février 2011 à l’Atelier, Rue St-Louis, Port-Louis. Des figures que le visiteur interpréterait à sa manière en laissant voyager son imagination et en entrant dans ses aquarelles jour par jour. L’assemblage de ces petits tableaux se présente sous la forme d’un calendrier. « C’est chronologique, dit-il. C’est comme un calendrier qui commencerait le dimanche 1er juillet 2012. Vous avez dimanche, lundi, … samedi. »
Le contre-plaqué, plus ou moins de la même dimension que l’assemblage des images exécutées au quotidien peut être vu dans son ensemble ou par bout. Le visiteur créant lui-même ses tableaux ; des possibilités quasi infinies. Une invitation à la contemplation !
Salim Currimjee travaille la plupart du temps le matin, à son réveil à 4 heures mais aussi à d’autres heures ou dans l’avion lorsqu’il voyage. Cela dépend de sa disponibilité. Dans sa recherche, il explore diverses techniques : un mélange d’aquarelle et de charbon, d’encre, d’acrylique, de feutres ou de crayon.
Les deux oeuvres majeures de l’exposition occupent les murs de gauche (les petits formats) et de droite (le contre plaqué) de cet ancien bâtiment en pierre. Derrière le grand panneau d’accueil, en face de la porte d’entrée, l’artiste expose aussi d’autres tableaux dans la même veine picturale, dont des diptyques, quadriptyques ou polyptyques. Les tableaux sont en vente.
Cette huitième exposition est visible en jours de semaine de 10 heures à 16 heures et samedi, de 10 heures à 13 heures. Elle est fermée le dimanche.