Vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football en 1984 avec les Lions Indomptables, Hermann Kingue, 51 ans, est actuellement en vacances à Maurice. Cet originaire de Douala est aujourd’hui formateur à Toronto au Canada. Avec recul, il estime que le Cameroun n’a plus la même force de frappe qu’autrefois et doit désormais penser à une véritable politique de développement afin que l’équipe nationale retrouve son statut d’antan.
« Les Lions Indomptables ne font plus craindre leurs adversaires comme jadis », constate Hermann Kingue. La preuve, dit-il, l’équipe nationale du Cameroun n’était pas de la fête à la CAN 2012, coorganisée par le Gabon et la Guinée Équatoriale. En ce qui concerne les qualifications de la CAN 2013 en Afrique du Sud, les vert et rouge se trouvent actuellement dans une situation délicate.
« L’équipe du Cameroun n’est plus celle que nous avons connue il y a une dizaine d’années. Quelque chose ne tourne pas rond dans le football camerounais. Cette contre-performance est due à une absence de volonté pour une politique de développement des jeunes. Ce n’est peut-être pas la vérité universelle, mais je le pense très fort. Le Cameroun a besoin de nouvelles bases », fait ressortir l’ancien milieu de terrain du Cameroun dans les années 1980-90.
Il a porté le brassard de capitaine de l’équipe nationale à l’occasion de la Coupe du monde juniors en 1981 en Australie. L’aventure en sélection s’est arrêtée pour ce joueur qui avait débuté sa carrière à 17 ans dans le championnat D1 du Cameroun suite à une blessure au genou durant les qualificatifs du mondial 1994 aux Etats-Unis.
Pour remédier au problème du Cameroun, Hermann Kingue avance que les dirigeants actuels doivent trouver les vraies raisons qui ont provoqué cette baisse de régime. « Même les grandes nations du football ont connu à un certain moment une certaine dégradation, à l’instar du Brésil, de l’Allemagne et même la France. Mais ces pays ont pris les mesures nécessaires pour remonter la pente. C’est ce que doit faire le Cameroun. On ne peut gagner éternellement, mais on peut toujours favoriser les conditions pour avoir une bonne équipe. Pour y parvenir, le développement de la formation reste le meilleur moyen. »
Hermann Kingue, qui a évolué comme pro dans différents championnats européens, notamment en Italie, en France et en Suisse, détient depuis quelque temps un diplôme d’entraîneur de niveau B de l’UEFA. Aujourd’hui, il est l’entraîneur en chef du North Toronto Soccer Club, où il s’occupe des joueurs de -12 à -18 ans.
« Les jeunes constituent l’avenir. C’est la raison pour laquelle la formation est à la fois importante et déterminante pour la réputation et la continuité d’une équipe nationale, quelle que soit la catégorie, particulièrement pour l’équipe première. La base de la pyramide de la formation doit être obligatoirement élargie au maximum afin d’avoir le plus grand nombre de joueurs possible. », explique le champion africain de 1984, actuellement en vacances à Maurice.
Avant de prendre les jeunes en main, l’ancien milieu de terrain du Cameroun a travaillé pendant deux années à raison de quatre fois par semaine comme entraîneur volontaire pour développer le programme régional (U13), ensuite pour le programme provincial auprès des U14 à U16.
« Cela a été une riche expérience pour moi. J’ai été patient avec la formation des jeunes, maintenant c’est mon quotidien. La formation reste la clé de la réussite. Maintenant je suis engagé à plein temps avec club. D’ailleurs, quelques éléments sont en voie de décrocher une bourse d’études pour aller aux Etats-Unis. Le football en Amérique est très bien organisé et cela prend une dimension mondiale », fait-il ressortir.