Encore un jour. Quelques heures de patience. Vikesh Seeram, laboureur et jeune père de 31 ans, attendra encore un peu avant de devenir propriétaire de sa nouvelle maison. « Une maison neuve, confortable, avec toutes les aménités », dit-il heureux. Mardi sera un nouveau jour pour lui et pour la vingtaine de familles, qui comme lui, aura vécu dans l’ancienne usine de thé de Dubreuil pendant deux ans. Vikesh Seeram et ses voisins recevront la clé de leur maison, c’est ce que leur ont annoncé les autorités. Après la cérémonie officielle qui a été prévue, ce jour-là, les familles auront tout le loisir de s’installer dans leur nouveau logement.
D’ailleurs, tout comme Vikesh Seeram, des familles ont commencé à emballer leurs effets. Toutefois, les maisons de Dubreuil, composées de deux pièces, d’une salle de bains et d’un coin cuisine, sont plutôt petites. Chaque unité est construite sur un lot de terrain d’une superficie de 4 perches. « Je ne sais pas si tout ce que nous possédons pourra trouver une place dans la maison. Mais qu’importe… On s’arrangera. Ce qui compte, c’est que nous avons enfin un toit solide », confie le jeune père de famille, tenant son fils, Yaadveer, dans ses bras. Le petit garçon aura deux ans en septembre prochain. Pour son fils et sa fille aînée de 7 ans, il travaillera dur pour agrandir sa maison. « C’est mon objectif. C’est pour cette raison que je souhaite trouver un meilleur travail », dit-il. Depuis qu’il a épousé Sweety, Vikesh Seeram, n’a pas eu l’occasion d’offrir une maison en dur à sa petite famille. Hier, son épouse célébrait son anniversaire. Soit deux ans après que le couple et sa fillette, ainsi que la vingtaine de familles, expulsée des terres de l’État ont été contraintes de s’installer dans l’usine désaffectée du village. « En tant que squatters, nous avons vécu dans des conditions difficiles. Puis il y a eu l’expulsion et les jours passés sous les tentes. Nous avons fait preuve de patience et heureusement que le temps a passé vite. Mais quoi qu’il en soit, je crois que notre expulsion des terres de l’Etat a été un mal pour un bien. Aujourd’hui, nous avons droit à une maison décente », analyse Vikesh Seeram. Pour ce dernier, pas question d’attendre encore… « Atan ankor? Non, in fatige atan, in fatige res la », concède-t-il en souriant.  Fini l’humidité, la promiscuité, les toilettes à l’extérieur, le froid et tous les inconvénients de la vie en communauté dans l’usine. Cependant, malgré les conditions de vie difficiles durant ces deux années dans les compartiments de la vieille bâtisse, les familles se sont toujours gardées de faire des critiques ouvertement. Malgré les divergences entre leurs porte-paroles, elles auront toujours eu un mot à leur égard pour leur témoigner leur reconnaissance. « Nou portparol in byen ed nou », disent-elles.
Six des familles relogées dans l’usine, ne seront pas concernées par la remise des clés, mardi prochain. Si elles ont bénéficié d’un lot, en revanche elles n’ont pas été éligibles à un logement social. Elles auront à entreprendre la construction de leur maison à leur frais. Hervé Lorval fait partie de cette catégorie. S’il confie ne pas envier ses voisins, il confie cependant que leur départ laissera un vide. « Je suis heureux pour les familles. Mais comme nous ne serons plus très nombreux ici, nous allons occuper des espaces qui sont à l’entrée de l’usine et nous rapprocher », explique Hervé Lorval.