Mahatma Gandhi Institute

Alors que les examens de School Certificate (SC) se poursuivent, la colère gronde parmi les enseignants de langues asiatiques du secondaire. La correction qui se fait à Maurice sera placée cette année sous la direction d’un chargé de cours du Mahatma Gandhi Institute (MGI), ce qui provoque le mécontentement des enseignants du secondaire, qui estiment que ce dernier ne connaît pas le « syllabus » et les réalités du secondaire. Ils dénoncent même une « ingérence politique » dans cette affaire.

Cette année, ils seront deux Chief Examiners à gérer la correction des questionnaires des langues asiatiques. Alors que le Mauritius Examinations Syndicate (MES) avait déjà nommé un enseignant du secondaire à ce poste, il est venu, quelque temps après, en nommer un deuxième, soit un “lecturer” du MGI. Ce dernier avait déjà agi comme assistant du Chief Examiner par le passé. Au départ de ce dernier, la responsabilité ne lui avait pas été accordée justement parce qu’il ne fait pas partie du secondaire.

Or, à la grande surprise des enseignants de langues asiatiques, sa nomination est arrivée cette semaine, alors même qu’un autre enseignant du secondaire avait déjà été nommé à ce poste. La Government Secondary School Teachers Union (GSSTU) dénonce cette situation. « Comment peut-on aller chercher quelqu’un du tertiaire, qui n’a pas travaillé sur le syllabus du secondaire pour venir diriger la correction des épreuves ? » se demande Preety Ramjuttun, la présidente.

Les enseignants voient en cette nomination une « ingérence politique ». Ils sont d’avis que les candidats ne peuvent être pénalisés « pour faire plaisir à certains ». Et de poursuivre : « Les enseignants du secondaire ont les compétences nécessaires pour diriger les corrections. D’ailleurs, ce sont eux qui ont mis en place le programme de Cambridge pendant deux ans. On ne peut aujourd’hui aller prendre quelqu’un d’ailleurs pour venir leur dire ce qu’il faut faire. »

Les enseignants ne manquent pas non plus de faire ressortir que les deux précédentes personnes ayant assumé cette responsabilité se sont retirées justement parce qu’elles ne sont plus au secondaire. Pendant plusieurs années, c’est Vikash Ramdhony, ancien président de la GSSTU, qui avait agi comme Chief Examiner pour les langues asiatiques. Celui-ci s’est retiré lorsqu’il a été promu Deputy Rector. Par la suite, Roshan Boodhna a été nommé à sa place. Lui a pris de l’emploi depuis comme chargé de cours au MGI. D’où sa décision de ne pas se présenter à nouveau pour la correction des épreuves de SC.

Sollicité sur cette affaire, Vikash Ramdhony a dit ne pas comprendre la décision du MES. « Quand j’ai été nommé Deputy Rector, je me suis en effet retiré pour une question d’éthique. Il n’était pas approprié pour moi de continuer à être Chief Examiner alors que je n’enseignais plus. Je pense que mon collègue Roshan s’est retiré pour les mêmes raisons. L’éthique doit s’appliquer pour tous. »

Les enseignants se demandent également qui va remplacer le “lecturer” pour ses cours à la section d’enseignement supérieur du MGI pendant la période de correction. « Est-il juste qu’il perçoive un salaire là-bas pour enseigner aux étudiants et qu’il les délaisse pendant plusieurs semaines pour venir corriger les papiers des élèves du secondaire, tout en touchant une autre allocation ici ? » Les enseignants souhaitent que la ministre de l’Éducation réagisse à cette situation. Une lettre de contestation lui sera adressée à ce sujet. Les épreuves concernées par cette correction sont l’urdu, le tamoul et l’hindouisme, entre autres. Quant à l’hindi, il sera placé sous la responsabilité des enseignants du secondaire.

Au niveau du MES, on a évoqué un manque de personnel qualifié pour ces épreuves. Ce que réfutent toutefois les enseignants, qui estiment qu’ils sont suffisamment nombreux pour pouvoir offrir ces matières au collège.