Le Medical Council (MC) a enfin obtenu le rapport du National Board of Examinations of India (NBEI) concernant la faible performance d’une cinquantaine de redoublants aux derniers examens d’entrée pour l’internat en juin dernier. Selon nos renseignements, les connaissances de cette cinquantaine de jeunes diplômés seraient faibles dans diverses disciplines de la médecine. Le board du MC examinera en détail le rapport lors d’une prochaine réunion et en enverra une copie au Mauritius Institute of Health en vue d’une éventuelle formation additionnelle à ces aspirants médecins, comme suggéré par le ministère. Mais aucune décision n’a été prise jusqu’ici.
Pour rappel, des 57 candidats ayant pris part pour la deuxième fois le 3 juin dernier à l’examen pour décrocher une place pour le stage d’internat, seulement quatre ont réussi. Une situation qui inquiète sérieusement les dirigeants du Medical Council, d’où leur demande d’un rapport au National Board of Examinations of India pour comprendre ce qui s’est réellement passé. Les redoublants n’ont pu obtenir les 75 points requis sur un total de 150 pour réussir. Soulignons que le NBEI a préparé le questionnaire et a assuré la correction des scripts.
De leur côté, quelques-uns parmi la cinquantaine de candidats concernés par ce deuxième échec ont écrit aux autorités pour dire les difficultés qu’ils auraient rencontrées durant leur préparation à cet examen. Ils ont protesté aussi dans cette correspondance contre un changement dans la structure du questionnaire sans préavis. Ces aspirants médecins ont eu l’occasion de communiquer leurs doléances de vive voix aux responsables du MC.
Selon nos informations, les données fournies par le NBEI au MC indiqueraient une faible connaissance des différentes filières de la médecine par la cinquantaine de redoublants. « En général leur niveau est faible », disent quelques personnes proches du dossier. Quelques-uns d’entre eux auraient obtenu moins de 50 points.
À trois mois du prochain examen, cette cinquantaine d’aspirants médecins auront-ils suffisamment de temps pour se préparer correctement ? « Ce n’est pas le rôle du MC d’organiser des cours à l’intention des aspirants médecins », répond un des responsables. « Le MIH nous avait demandé des informations pour voir de quelle manière ils pourraient monter un cours à l’intention de ces jeunes et nous allons leur transmettre les données reçues du NBEI », ajoute notre interlocuteur.
Indépendamment de ce que pourraient leur proposer les autorités de la Santé, des médecins de carrière recommandent à ces aspirants médecins de se mettre en petit groupe pour préparer ces prochains examens, en se faisant aider si possible par un médecin de carrière. « Ils doivent être très assidus dans cette préparation. Zot bizin repran zot liv aprann… Il faut qu’ils s’entraînent à répondre aux questions. Un médecin pourrait les aider à dégager ce qui est plus important à comprendre dans chaque discipline », soutient un généraliste d’une soixantaine d’années.
Par ailleurs, selon nos informations, des médecins dans les hôpitaux seraient aussi inquiets « du niveau peu brillant de quelques aspirants médecins en stage d’internat ». « Même devant un problème mineur quelques-uns ont des difficultés à poser des questions appropriées aux patients. C’est au départ de la formation en médecine que les autorités doivent être plus exigeantes si on veut maintenir le niveau de la profession. Les critères pour démarrer les études doivent être plus sévères », affirme un chef de département à l’hôpital Victoria.