Les résultats des examens du barreau, qui se sont tenus en octobre dernier après quelques renvois, ont été rendus public hier. Sur 45 candidats en lice pour entrer au barreau, seuls deux ont été reçus en tant qu’avocat ; sur 40 autres ayant pris part à ces examens pour devenir avoué, cinq candidats ont réussi ; et sur la vingtaine qui passaient les examens pour devenir notaire, seuls deux candidats ont réussi. L’on notera que les neuf réussites sont toutes le fait de candidatures féminines. Avec ce taux d’échec qui persiste d’année en année, malgré la création en 2012 du Council of Vocational Legal Education (CVLE) pour remplacer le Council of Legal Education (CLE), les légistes se disent inquiets.
En 2011, le taux d’échec était de 75 %, avec un taux de 100 % pour les notaires. En 2012, le CVLE a été créé pour remplacer le CLE pour offrir davantage d’opportunités à ces jeunes qui souhaitent poursuivre une carrière d’avocat, mais qui n’arrivent pas à être admis au barreau, les examens étant jugés trop difficiles.
Ainsi, depuis 2013, c’est l’Université de Maurice (UoM) qui accueille ces examens. Des nouvelles pistes pédagogiques avaient été introduites afin d’éviter des « massive failures ». Or, un an après, le bilan est « plus catastrophique », estiment des membres de la profession légale, qui disent ne pas comprendre pourquoi ces jeunes déjà détenteurs d’un LLB n’arrivent pas à passer ces examens, surtout que ceux qui le font à l’étranger réussissent. « C’est un massacre qui se perpétue d’année en année ». Pourtant, être admis ne requiert qu’une moyenne de 60 %. À souligner que cette année ces examens avaient été renvoyés à deux reprises après les doléances des étudiants qui évoquaient un cursus non complété et une différence entre les modules enseignés et les questions posées aux examens. Ceux-ci se sont finalement tenus en octobre dernier. Certains de ces étudiants envisagent de faire recorriger leur questionnaire.
Ces examens sanctionnent le Bar Vocational Course qui met l’accent sur l’aspect purement pratique de la profession. Maurice compte chaque année environ un millier d’étudiants en LLB, repartis dans la faculté de droit de l’UoM et dans une demi-douzaine de centres de formation privés qui offrent des cours à distance. Plusieurs jeunes choisissent aussi de faire leur LLB en Angleterre. Le parcours pour entrer dans la profession comporte quatre étapes : l’obtention du Bachelor of Law (LLB) après trois années d’études, une année de cours de Bar Vocational Course, et le “pupillage” d’une année auprès d’un aîné de la profession. Théoriquement, ce parcours dure donc cinq ans. Chaque année, seule une cinquantaine de détenteurs de Bachelor in Law parviennent à suivre le Bar Vocational Course.
Les candidates ayant réussi