Les 169 aspirants médecins qui réclamaient leur “permanent registration” pour pouvoir exercer sans avoir à passer l’examen du Medical Council ont finalement obtenu gain de cause. Le Parquet a statué hier : tous ceux qui étaient enregistrés comme “Pre-registered House officer” (internes) avant le 1er août 2013 seront exemptés de cet examen figurant dans la loi. Plus de 300 aspirants médecins sont concernés, incluant ceux poursuivant leurs études à l’étranger et qui ont commencé leur internat avant cette date. La deuxième édition du Doctor’s Registration Certificate Exams ne devrait pas avoir lieu de sitôt. En revanche, la décision du Parquet donne lieu à diverses interprétations s’agissant de la situation des aspirants dentistes ayant complété leurs études avant le 1er août 2013.
« Nous sommes soulagés et nos parents aussi, car ils ont fait beaucoup de sacrifices pour financer nos études. Pas moins de 169 familles se trouvaient dans un grand désarroi. On avait raison d’élever la voix et nous remercions tous ceux qui étaient convaincus de notre démarche et qui nous ont donné un coup de main », dit Dirou Ramsamy. C’est ce dernier qui avait pris l’initiative de déclencher ce mouvement de protestation commun. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’est épargné aucun effort pour mobiliser   ses collègues qui ont terminé leur internat le 31 décembre dernier. Ces jeunes médecins ont reçu ces derniers jours le soutien des politiciens du gouvernement et de l’opposition étant dans la profession médicale, à l’instar du Dr Arvind Boolell (ministre des Affaires étrangères) et du Dr Zouberr Joomaye (membre de la Commission de la Santé du MMM). Ces derniers étaient d’ailleurs présents à une réunion  organisée par les protestataires dimanche dernier à Quatre-Bornes.   
Contrairement à ce grand groupe qui vient de terminer leur internat en décembre, cinq médecins sont en chômage depuis août 2013 car ils attendent, eux aussi, leur “registration”. Mais ces cinq derniers ont vécu une expérience beaucoup plus traumatisante car ils ont été obligés de prendre part à cet examen du MC et n’y ont pas réussi. « Au début du mois d’août de l’année dernière, j’ai déposé au Medical Council mon dossier pour l’obtention du “permanent registration”. J’ai dû débourser Rs 3 100 pour participer à cet examen écrit, alors qu’il ne fallait pas d’après le Parquet. A koz lafot bann otorite lasante finn fer moi perdi sink moi pou nanryen e se enn veritab kalver ki mo finn viv », témoigne, avec une note d’amertume, le jeune homme. Il se réjouit néanmoins de cette réponse du Parquet, mais préfère attendre une communication officielle du ministère lui certifiant qu’il peut se présenter au Medical Council pour l’obtention de son “registration” avant d’exploser de joie sur son avenir professionnel.
Pour rappel, la législation pour l’enregistrement des nouveaux médecins a été votée en décembre 2012 lors de la présentation du Budget 2013. Dans les milieux de la profession médicale, on affirme que le cafouillage autour de la mise en pratique de la nouvelle législation résulte du « manque de consultations » entre les autorités concernées, à savoir le ministère de la Santé, le ministère des Finances et le Medical Council. Même la date de l’entrée en vigueur de la loi n’a pas été discutée entre ces parties, selon le président de l’Ordre des Médecins. En gros, la première édition de l’examen écrit – qui a mobilisé en octobre le personnel du MES, des examinateurs indiens ainsi, bien sûr, qu’une dizaine de candidats – fera finalement office de répétition générale en attendant l’entrée en vigueur effective de la loi. Certains estiment que les véritables Doctor’s  Registration Exams ne pourront avoir lieu avant… décembre 2015.
L’exemption décidée hier par le Parquet devrait concerner, selon les calculs des dirigeants du Medical Council, pas moins de 350 aspirants médecins d’ici décembre 2015. Rien que sur le territoire mauricien, il faut ajouter aux 169 protestataires, les 195 autres internes actuellement dans les hôpitaux, ainsi que les nouveaux diplômés qui ont réalisé leur internat à l’étranger, dans le pays où ils ont fait leurs études.
En revanche, rien n’est encore décidé pour la dizaine d’aspirants dentistes concernés par la même législation. Il y a des divergences de vue à propos de l’exemption décidée par le Parquet. « Le cas des internes est différent de celui des dentistes, qui n’ont pas de stage d’internat. L’exemption ne devrait pas les concerner », a déclaré ce matin le Dr Joy Mandhub, président du Dental Council. « Cette loi concerne les médecins et les dentistes, et il ne peut y avoir deux traitements différents. Les aspirants dentistes devraient aussi être exemptés », estime pour sa part un membre du Medical Council. Au sein du ministère de la Santé, on avoue « qu’aucune décision n’a été prise » pour ces aspirants dentistes.