Les examens d’enregistrement des médecins ont eu lieu hier au Mauritius Examinations Syndicate (MES) et 57 médecins y ont pris part. Une première depuis l’introduction de ce contrôle en 2013, les examens précédents ayant généralement vu la participation de moins d’une dizaine de médecins. Il s’en est fallu de peu pour que ces examens n’aient pas lieu, car le Memorandum of Understanding (MoU) avec le National Board of Examinations of India – qui aurait dû prendre fin en octobre 2016 – a, selon nos informations, été révoqué.
C’est ainsi que dans l’urgence quelques membres du Medical Council (MC) se sont réunis jeudi soir, suite à la décision du le ministère de la Santé, pour voter le renouvellement de cet accord avec l’Inde. Autrement, les membres exécutifs du MC avaient été prévenus que les examens n’auraient pu avoir lieu. À 7 voix contre 5, le renouvellement de ce MoU a été avalisé pour trois ans encore.  
Si les médecins ayant pris part aux examens du National Board of Examinations of India (NBEI) sanctionnant leur internat dans les hôpitaux publics se disent satisfaits du questionnaire qui était, cette fois, axé sur le contexte médical mauricien, nombre de voix s’élèvent quant à la tenue même de ces examens par cet organisme indien. Cela, en raison des zones d’ombre qui entourent le renouvellement de l’accord entre l’Inde et Maurice pour l’organisation de ces examens. Selon nos informations, plusieurs membres du MC sont opposés à cet exercice que certains estiment devrait être organisé par un organisme autre que le NBEI. C’est dans cette optique que ce dossier n’a pas figuré jusqu’ici à l’agenda du MC nouvellement constitué, le MoU avec le NBEI ne devant prendre fin qu’en octobre prochain.
Or, c’est avec étonnement que les membres du MC ont été informés jeudi matin ou dans la journée pour certains, de l’avancement de leur réunion prévue le 30 avril, pour le jeudi soir. Avec à l’agenda, en urgence, la signature du MoU avec l’Inde portant sur les examens des médecins pour leur enregistrement. Sur 22 membres de l’exécutif, seuls 12 se sont pointés à la réunion, où il était question de ratifier l’accord avec l’Inde avant le 30 avril, le MoU existant ayant lui été “revoked” selon les informations données aux médecins. Ils ont également été informés que sans la signature de cet accord, les “proposed exams for april 2016 would not take place.”  Si finalement à 7 voix contre 5 cet accord a été signé, d’aucuns se demandent si le MC a finalement eu son mot à dire car le ministère de la Santé avait déjà “revoked” le précédent MoU.
Ils s’interrogent également sur l’empressement entourant le renouvellement de cet accord alors que d’autres possibilités auraient pu avoir été étudiées. “Pourquoi toujours cet accord avec l’Inde alors que l’organisation de ces examens aurait pu être faite par le MES ou un autre organisme, voire dans un autre pays?”, se demandent les professionnels de santé. Plusieurs médecins déplorent qu’”au final, le MC n’est qu’un yes man du ministère de la Santé, qui le contraint à prendre des décisions pas forcément dans l’intérêt des médecins.” Ils se demandent qui tire les ficelles au MC fraîchement élu.