La direction du Mauritius Examinations Syndicate a été surprise par cette annonce de Cambridge International Examination de ne plus offrir à compter de 2014 le syllabus “History for Mauritius” aux candidats mauriciens pour les examens de “O” level. La décision de l’organisme anglais serait motivée par la très faible participation dans cette matière. Mais le directeur du MES souligne que cette matière « traite de l’histoire nationale » et leur demandera d’annuler cette décision.
“History for Mauritius” fait partie de la catégorie des matières qualifiées “low candidature syllabus”. En 2007, il y avait 38 candidats fréquentant quatre collèges. Contre toute attente, il y a eu une légère amélioration dans le taux de participation aux examens de l’an dernier, soit 54 candidats de neuf collèges. Par ailleurs, le taux de réussite n’est guère brillant.
Le directeur du MES reconnaît que l’étude de l’histoire est délaissée au profit des matières dites d’avenir, soit celles qui correspondent au marché du travail et au développement de l’économie. Mais il n’est pas d’accord qu’il faille la biffer d’un trait et l’a fait clairement comprendre à ses homologues anglais. Il paraît que c’est une décision unilatérale. « Je m’y oppose ! » dit-il sur un ton catégorique au Mauricien.
Le directeur du MES est d’avis que nul ne peut être insensible à ce qui a trait à l’histoire d’un peuple et d’un pays et souligne que cette matière traite justement de l’histoire nationale. Un argument suffisant pour contester ce retrait. « J’ai écrit une longue correspondance à Cambridge pour dire les raisons pour lesquelles je ne suis pas d’accord. C’est un syllabus qui me paraît très intéressant, qui contient beaucoup de choses pertinentes et qui sont essentielles pour la formation du citoyen pour Maurice », soutient-il. Selon son analyse, le contenu de “History for Mauritius” donne la possibilité aux jeunes collégiens de questionner et d’analyser le développement politique, social, culturel et économique de Maurice dans une perspective historique et de le placer ensuite dans le cours des affaires internationales. « Dans la mouvance de rendre les sciences obligatoires au collège jusqu’à un certain niveau pour que tous les jeunes aient une notion de base dans cette discipline, il faudrait aussi rendre l’histoire obligatoire », estime le directeur du MES. Celui-ci affirme qu’il négociera pour le maintien de “History for Mauritius” au cours des rencontres qu’il aura très bientôt avec les “top officials” de Cambridge qui feront le déplacement à Maurice dans le cadre de la prochaine conférence des ministres de l’Éducation du Commonwealth. Ce dossier figure en tout cas en bonne place dans l’agenda des discussions.
Il est impératif, selon le directeur du MES, de « moderniser cette matière » tant au niveau du contenu que de la manière de l’enseigner. Mais il est bon de savoir qu’en 2000 déjà, le MES avait réuni chercheurs, historiens et enseignants pour dépoussiérer le syllabus d’histoire pour le SC, afin de le rendre plus attrayant et accroître ainsi l’intérêt chez les jeunes. C’est à partir de cet exercice de réflexion que le syllabus a été entièrement revu et été baptisé “History for Mauritius”. En dépit de cet effort, les jeunes Mauriciens n’y ont pas pris goût. Mais Lucien Finette garde espoir d’un meilleur avenir pour cette matière après l’augmentation du nombre de candidats notée l’an dernier. « C’est une indication qu’il y a toujours un intérêt pour une connaissance de l’histoire du pays », dit-il.