Les résultats accablants de ce premier Doctors’ Registration Examination donnent lieu à une chaîne de réactions au sein de la profession médicale. Dans ce milieu, personne ne conteste le bien-fondé d’un tel examen. En revanche, le Medical Council et le ministère de la Santé s’attirent les foudres des professionnels sur « the way of doing things » et sur le type d’examen organisé. Le président du Medical Council affirme pour sa part que le système en vigueur n’est pas figé et qu’il n’est pas exclu que l’Ordre des Médecins recherche la collaboration d’autres pays dans les années à venir.
L’issue de ce premier examen, assez désastreuse, a provoqué une onde de choc dans les hôpitaux et particulièrement parmi les 160 internes terminant leur stage au mois de décembre. Ces derniers doivent en effet passer leur Doctors’ Registration Examination en mars prochain et, de fait, font part de leur angoisse. « Ils sont très stressés. On tente de les rassurer sur leurs compétences, qu’ils ont d’ailleurs démontré ces deux dernières années dans chaque département où ils sont passés. D’ailleurs, la quasi totalité d’entre eux ont réussi aux différentes évaluations pendant ces deux ans d’internat », dit avec optimisme un des consultants ayant guidé ces internes.
En dépit de leur service irréprochable auprès des patients depuis janvier  2012, ces internes affichent néanmoins une certaine inquiétude quant à leur avenir professionnel. « Tant que l’on ne passe pas cet examen, on ne peut exercer. Et si cet examen servait carrément de “filtre” pour contourner le problème de chômage parmi les diplômés en médecine ? » questionne, en arborant un ton sérieux, un de ces internes.
Les nombreuses critiques entendues dans plusieurs milieux de la profession (généralistes et spécialistes du service public et privé) à la suite de ce premier examen sont surtout dirigées vers le Medical Council (MC) et le ministère de la Santé. « Il y a un mécontentement général sur la manière de procéder », affirme un spécialiste en poste à l’hôpital Victoria, à Candos. Selon les observations des médecins « mécontents », cet examen a été « organisé à la hâte ». Ce qui expliquerait, selon eux, le recours à la dernière minute au National Board of Examinations of India.  
Plusieurs anciens membres du MC  déplorent eux aussi un manque de préparation, ne manquant pas de souligner qu’il y a un consensus depuis plusieurs année sur l’idée d’un examen visant à s’assurer que les nouveaux diplômés en médecine, quel que soit le pays où ils ont entrepris leurs études, soient tous d’un niveau « acceptable ». Cet examen avait aussi pour but, tel que l’avaient imaginé ces anciens dirigeants du MC, d’éliminer tout préjugé dans l’opinion publique vis-à-vis de certains diplômes spécifiques. « On était tous d’accords pour une évaluation », insistent ces médecins de carrière. Mais il est regrettable, selon eux, que la formule adoptée pour cet examen « ne fasse de bien à personne », créant même un certain « malaise ».
« Le MC a accepté tout ce que le ministère de la Santé lui a imposé alors qu’il est supposé être indépendant. La loi fait mention que l’organisation de cet examen incombe au MC mais c’est le ministère de la Santé qui a pris les devants et a dicté ses désirs », reprochent les protestataires. Leur deuxième grief au MC : « Ils n’ont fait que copier le système indien pour cet examen. »  
Les médecins qui se disent « agacés » sont d’avis que le contenu du questionnaire aurait dû avoir fait l’objet  de discussions entre le Mauritius Institute of Health, les responsables des différents départements dans les hôpitaux (consultants), syndicats des généralistes et des spécialistes, et le Medical Council. « Il fallait avoir un consensus sur le type d’examens », maintient le responsable d’un hôpital. D’autres se demandent si les autorités  mauriciennes ont fait part de leur souhait au National Board of Examinations of India concernant le contenu du questionnaire et si elles se sont assurées que l’évaluation reflète bien la norme internationale tout en tenant compte des besoins au niveau national.
Face à cette salve de critiques, les dirigeants du MC répliquent que, pour l’heure, il n’existent pas de compétences sur le plan local dans la préparation d’un tel questionnaire. « Il fallait commencer quelque part et nous allons certainement améliorer le système que nous avons mis en place. Cela ne veut pas dire que nous allons rester définitivement avec l’organisme indien. Nous allons examiner les options qui existent dans notre pays pour l’enregistrement des médecins généralistes. Le Mauritius Institute of Health a commencé aussi à se préparer », promet le Dr Baboo Servansingh, président du MC. Ce dernier reconnaît toutefois que le MC a soumis avec retard le syllabus aux premiers candidats qui sont passés par cet examen. « Nous avons eu une contrainte de temps », explique le Dr Servansingh au sujet de cet impair. Et d’ajouter que le syllabus pour l’examen prévu en mars 2014 figure déjà sur le site du MC. A souligner que la préparation des questionnaires, ainsi que la correction des scripts, seront à nouveau confiés au  National Board of Examinations of India tandis que le MES supervisera le déroulement de cet examen.