Autrefois, pour se faire Chartered Accountant, un stage dans une firme en Angleterre était obligatoire. Mais c’est aujourd’hui terminé, et ce grâce à la Grant Thornton Business School.
Chartered Accountant (CA) : plus qu’une qualification, c’est presque un titre de noblesse pour la profession de comptable. Une mention qui, il faut le reconnaître, résonne souvent dans l’affectif mauricien. Raisons de cette quasi mythification : le CA est une denrée rare. Or, compléter les modules de cet examen requérait jusque ici que l’on obtienne un stage dans une société assignée par l’Institute of Chartered in England & Wales (ICAEW), chose qui n’est pas toujours aisée au Royaume-Uni. « De 1980 à 1990, il n’y avait que 100 CA opérant à Maurice. Aujourd’hui, il n’y en a que 200. L’Angleterre ne produit hélas pas assez de CA pour combler la demande locale. »  C’est ce qu’affirme Sattar Hajee Abdoula, CEO de la firme comptable Grant Thornton, dont la business school a été mandatée par l’ICAEW. La Grant Thornton Business School (GTBS), à Ébène, devient ainsi le seul représentant de l’institut pour former à l’examen professionnel.
Aspects pratiques
Déjà, il est désormais possible aux étudiants mauriciens d’obtenir une qualification de renom à moindre coût. Pour les 15 modules, on devra ainsi compter Rs 330 000, hors frais d’examens. Plus besoin donc d’affronter le froid londonien et le rythme de vie frénétique britannique. « Il s’agit d’une formation de qualité internationale à portée de main, précise Sattar Hajee Abdoula. Il y a même des étudiants mauriciens d’Angleterre qui pensent revenir au pays pour terminer leurs examens. Il n’y a aucune différence entre passer l’examen à Maurice ou à l’étranger… C’est le même papier, la même difficulté. »
Mais combien de temps cela prend ? « Un excellent élément peut compléter les 12 premiers modules en moins de 18 mois, après quoi il ou elle intègre une firme comptable sur la base d’un training contract. Il est impératif que plus de 450 jours (dans une société assignée au programme) soient validés avant que le 15e module soit pris. On peut devenir CA en deux ans et demi. »
À ne surtout pas confondre l’examen professionnel avec l’année universitaire : pas de semestre ou de time-frame imparti. L’aspirant expert-comptable complète ses modules à son propre rythme. « Il est même possible de suivre les cours l’après-midi et le samedi matin. Rien n’oblige l’aspirant à évoluer en full-time », précise M. Hajee Abdoula.
Il est par ailleurs possible de commencer la formation juste après la HSC (à condition que les résultats soient « bons, voire très bons » )  ou après les études tertiaires. Plusieurs combinaisons sont donc possibles.
CA versus ACCA
L’examen professionnel CA (appelé aussi « Associate Chartered Accountant » – ACA) de l’ICAEW n’est « pas comparable » à son homologue l’ACCA, très populaire à Maurice. « Il est difficile d’élaborer sur ces différences. Mais au-delà du comptable, le CA est également un business leader. »
Par ailleurs, la GTBS compte mettre la barre assez haut. « Nous n’allons pas accepter un élève si nous savons que son bagage scolaire ne lui permettra pas de réussir. Notre objectif est que plus de 75%  de nos étudiants deviennent CA. »  
Le premier recrutement aura lieu en mars. Ce batch comprendra 40 élèves. Les admissions auront lieu deux fois l’an.