Des pêcheurs estiment qu’ils étaient éligibles pour une aide de l’État concernant les frais d’examens de leurs enfants, mais disent que le bureau de la Sécurité sociale de Goodlands a rejeté leur demande. Reynold et Jean-Claude Lafrance réclament justice, même s’ils ont dû consentir à « d’énormes sacrifices » pour réunir les sommes nécessaires pour permettre à leurs enfants de participer à ces examens.
Ils sont enregistrés comme des pêcheurs artisanaux et ne comprennent pas pourquoi le bureau de la Sécurité sociale de Goodlands a rejeté leur demande pour l’allocation des frais d’examens. Reynold Lafrance a deux enfants prenant part respectivement aux examens de SC et de HSC cette année. Il lui fallait trouver Rs 24 000 pour payer les frais. Comme d’autres pêcheurs de sa catégorie, il s’est donc inscrit pour une aide de l’État. « Au bureau de la Sécurité sociale, on m’a dit que ceux qui possèdent une carte de pêcheur ont un salaire de Rs 14 500. Je ne sais pas comment on a décidé de mon salaire avant même que je travaille. Qui plus est, le secteur fait face à des difficultés, les prises ont baissé et on n’est jamais sûr du nombre de poissons que l’on va ramener. »
Jean-Claude Lafrance se trouve lui aussi dans le même cas. La Sécurité sociale lui aurait fourni la même explication. Mais il maintient qu’avec le salaire de son épouse, employée d’usine, à hauteur de Rs 6 000, le budget familial ne dépasse pas les Rs 14 500.
Les deux hommes, qui disent être des « pêcheurs casier », ne comprennent pas pourquoi leurs demandes ont été rejetées. D’autant plus, rappellent-ils, qu’après des incidents similaires l’année dernière impliquant une cinquantaine des pêcheurs, la Sécurité sociale avait rectifié le tir.
En effet, selon une circulaire émise par le Commissaire de la Sécurité sociale le 5 avril 2013 – et destinée au staff technique –, il est stipulé : « Following advice from de Ministry of Fisheries, it has been decided that subject to the applicants not having any other source of income, off lagoon artisanal fishermen who operate beyond the reef up to 5 nautical miles and whose method of fishing is either handline or basket-trap would be eligible to refund of 50% of exam fees. »
Sont cependant exclus de cette mesure : ceux possédant des bateaux semi-industriels et les pêcheurs de banc. Reynold Lafrance affirme : « J’ai un bateau de 19 pieds. Comment pourrais-je aller sur les bancs avec ça ? » Ce dernier a dû jurer un affidavit en Cour pour que, finalement, la Sécurité sociale lui rembourse 50% de la somme payée.
Jean-Claude Lafrance, lui, a été moins chanceux. Non seulement sa demande n’a pas été reconsidérée, mais il a dû, en plus, payer un “penalty fee” de Rs 340 pour n’avoir pu réunir la somme nécessaire à temps. Nous avons cherché en vain une explication de la Sécurité sociale sur ce cas. À la Pêche, on explique que ce ministère n’a rien à faire avec ce dossier. « La Sécurité sociale mène une enquête avant de prendre une décision. C’est à eux de prouver qu’ils n’ont pas de revenus supérieurs à ce qui est prévu par les règlements. »
Le Syndicat des pêcheurs, qui avait écrit au ministre de la Sécurité sociale pour solliciter une rencontre à ce sujet, n’a pas obtenu de réponse non plus. Selon les règlements en vigueur, les familles ayant un revenu inférieur à Rs 14 500 sont éligibles à une allocation de 100%, tandis que ceux ayant un revenu de Rs 14 501 à Rs 20 000 le sont à hauteur de 50%.