En allant récupérer au MES les diplômes de leurs candidats respectifs aux derniers examens de SC/HSC, les recteurs des collèges ont appris que le ministère a décidé de retenir ceux qui n’ont pas remboursé le paiement des frais d’examens. La raison avancée étant que ces candidats n’ont pas respecté le critère 90 % de présence. Les élèves concernés par cette mesure commencent à se mobiliser contre cette décision, de même que leurs parents. Tandis que les autorités restent silencieuses sur leur démarche.
Le ministère de l’Éducation avait certes menacé de prendre des sanctions à l’encontre des candidats du SC/HSC n’ayant pas respecté le critère de 90 % de présence. Mais il n’avait jamais évoqué une éventuelle rétention de diplômes des candidats en cas de non-remboursement des frais d’examens. Pour cette raison, des parents se concertent actuellement en vue de mener une opposition à cette rétention des diplômes par le MES. Certains se tournent vers des politiciens, tant de la majorité que de l’opposition, pour demander conseil et obtenir un soutien.
« Ce qui se passe en ce moment est une situation inédite. À ma connaissance, le MES n’a jamais retenu des centaines de diplômes », observe Steve Obeegadoo, ancien ministre de l’Éducation. Il est rejoint dans son constat par des professionnels de l’éducation, de même que d’anciens cadres du MES.
Lucien Finette, ex-directeur de cet organisme, souligne que le MES agit « on behalf of Cambridge’s International Examinations ». Il relève que l’examinateur mauricien se doit de remettre aux candidats ce que Cambridge lui envoie. « Pour Cambridge, la question de paiement ne se pose pas parce que le MES lui a remis les frais de participation des candidats mauriciens. D’ailleurs, les candidats ont reçu un code pour s’enquérir de leurs résultats en ligne, et cela veut dire qu’ils sont en règle avec Cambridge. Dans cette affaire, le MES agit ici de son propre chef et prend les ordres du ministère », commente Lucien Finette.
Selon ce dernier, la mise en pratique de la subvention des frais a été mal enclenchée depuis le début. D’où les nombreuses manifestations qui ont surgi. « Il est regrettable et injuste qu’on punisse les élèves à la place des parents. Ce que le ministère fait en ce moment va à l’encontre des principes élémentaires de l’éducation », ajoute Lucien Finette, qui s’interroge sur la légalité de cette décision.
« Si les candidats n’étaient pas en règle avec Cambridge, le MES n’aurait pas dû les laisser prendre part aux examens. Le MES risque de se retrouver au centre de plusieurs procès pour rétention illégale de certificats », estime Lucien Finette. Plusieurs interlocuteurs soulignent que les diplômes retenus actuellement par les autorités « sont la propriété des candidats car leur nom y figure ».
Selon nos renseignements, environ 75 candidates du QEC n’auraient pas pu, jusqu’ici, prendre possession de leurs diplômes, de même que certains candidats d’autres collèges d’État très prisés. Dans le secondaire privé y compris dans des collèges catholiques, plusieurs candidats sont concernés. « Dans aucune circulaire envoyée aux parents concernant les critères d’éligibilité pour la subvention des frais d’examens le ministère n’a mentionné qu’il se réservait le droit de ne pas remettre le diplôme si jamais les candidats ne respectaient pas les conditions. Ceci dit, les parents ont été informés qu’il fallait rembourser les frais au plus tard le 30 décembre 2016 », soutient Soondress Sawmynaden, président du syndicat des recteurs des collèges d’État.
Des recteurs souhaitent que le ministère communique le nombre exact de diplômes qu’il a retenus dans un souci de transparence. D’un autre côté, cette affaire est suivie de très près par les partis politiques. La Commission éducation du MMM se réunit d’urgence cet après-midi pour analyser la situation et aussi considérer la question de 90 % de présence pour les examens de cette année.