Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, et le gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick, ont mis un terme à la guerre des communiqués portant sur la conduite de la politique monétaire, notamment le Key Repo Rate et la stérilisation des excédents de liquidités. En effet, les deux principaux protagonistes engagés dans la mise à exécution de la politique économique ont eu un tête-à-tête de 45 minutes au bureau du VPM et ministre des Finances à l’hôtel du gouvernement en fin de matinée. 
La situation économique et l’urgence d’une action coordonnée en vue d’éponger les excédents de liquidités dans le circuit monétaire ont été les principaux sujets à l’ordre de ces échanges de haut niveau. Le secrétaire financier Dev Manraj était également présent lors des discussions. L’une des décisions arrêtées porte sur la nécessité de tenir des séances de travail mensuelles entre le ministère des Finances et la Banque Centrale en vue d’améliorer la coordination à ce niveau.
Des sources officielles indiquent que la « séance de travail, qui a duré 45 minutes, s’est déroulée dans une ambiance franche et cordiale ». Un communiqué officiel émis par le service de presse du ministère des Finances ajoute que « les discussions ont porté sur les sujets d’actualité. Il a été convenu qu’il y aurait dorénavant des réunions mensuelles entre le ministère des Finances et la Banque de Maurice. Ces réunions régulières permettront de passer en revue la situation économique, les priorités du moment et les prévisions pour l’avenir ».
Selon des recoupements d’informations, les excédents de liquidités ont été abordés par les deux parties de même que les mesures envisagées pour éviter tout dérapage dans le circuit monétaire. La position du ministère des Finances est résumée dans la présentation faite au Monetary Policy Committee par Patrick Ip en tant que secrétaire financier suppléant et rendue publique par la Banque de Maurice hier après-midi. En effet, ce document note que « the ministry of Finance and Economic Development is always concerned with the excess liquidity situation and its implication for financial stability and for effectiveness of monetary policy ».
Le ministère des Finances s’appesantit sur l’importance des échanges au niveau du Joint Working Group on Liquidity. En complément aux mesures déjà prises et annoncées dans un précédent communiqué, le ministère des Finances a signifié son intention de « further support the Bank of Mauritius in its management of excess liquidity with an initial amount of Rs 100 million from the budget to meet the cost of open market operations during 2014 ».
Lors des délibérations du Monetary Policy Committee du 3 février dernier, des membres avaient fait comprendre que cette enveloppe de Rs 100 millions était nettement insuffisante dans la conjoncture vu que les excédents de liquidités pourraient attendre Rs 16 milliards d’ici à juin prochain. Ces mêmes milieux s’étaient également appuyés sur les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) à l’effet que le montant nécessaire sous forme de « Government Papers for Monetary Policy Purposes » pourrait être de l’ordre de Rs 30 milliards, presque 8 % du Produit intérieur brut.
Cette proposition est contenue dans un document intitulé « Strengthening the Monetary Transmission Mechanism », présenté par Martin Petri, chef de mission du FMI pour les besoins des Article IV Consultations au Monetary Policy Committee. Le chef de mission du FMI a également fait comprendre que le problème des excédents de liquidités dans le circuit monétaire date de 2007 et que « excess liquidity is harmful for Monetary Policy and the financial system with a loss of control over monetary transmission mechanism, financial disintermediation because banks do not want deposits and banks have an incentive to engage in potentially risky business ».
À cette même réunion du MPC, la Banque de Maurice avait regretté le fait que le Joint Working Group composé de représentants du ministère des Finances et de la Banque de Maurice n’avait pas donné les résultats escomptés. Les Minutes of Proceedings de la réunion du 3 février confirment que cette instance ne s’était réunie que trois fois avec la dernière séance de travail remontant à octobre de l’année dernière.
Entre-temps, la Banque de Maurice avait émis des Securities pour un montant de Rs 17 milliards pour stériliser les excédents de liquidités. « The negative carry on those issues was having a devastating effect on the balance sheet of the Bank, which could end up with steep losses during the year », ajoutent les Minutes of Proceedings de la Banque de Maurice.