Pour la première fois dans les annales, le Budget courant crèvera la barre des Rs 100 milliards, soit exactement Rs 103,3 milliards, pour l’exercice financier 2016/17, contre Rs 89,5 milliards pour le dernier exercice financier en date. Avec des dotations budgétaires de Rs 14,1 milliards pour le financement des dépenses de développement, le ministre des Finances a présenté un Budget totalisant Rs 117,4 milliards. Toujours au niveau des dépenses, deux faits à signaler : une enveloppe de Rs 29,4 milliards pour le “servicing” de la dette publique, suite à la décision de procéder au remboursement prématuré de Rs 4,3 milliards de dettes étrangères, et également le cas du ministère de la Sécurité sociale, dont le Budget crève la barre des Rs 20 milliards, constituant une première pour un ministère de se voir allouer un tel budget. Les revenus sont estimés à quelque Rs 102,4 milliards, dont Rs 84,7 milliards sous formes de taxes directes et indirectes. À ce dernier chapitre, on constatera que les recettes sous la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) réussiront aussi une première en étant supérieure à la barre des Rs 30 milliards.
Le “bottoline” du Budget 2016/17 est que le ministre des Finances se retrouvera avec un déficit de Rs 15 milliards avant la « net acquisition of financial assets » , soit 3,3% du Produit intérieur brut (PIB), et donc légèrement mieux que les 3,5% de l’année dernière. Force est de constater que Pravind Jugnauth a bénéficié d’un sérieux coup de pouce avec l’Inde qui, en marge de la récente révision du traité de non-double imposition indo-mauricien, a mis à la disposition de Maurice un soutien financier exceptionnel de Rs 12,7 milliards au cours de ces quatre prochaines années. Cette manne financière venant de New Delhi, qui a largement allégé l’exercice budgétaire, sera répartie comme suit :
– Rs 7,2 milliards pour le financement du “Metro-Express”, remplaçant le “Light Rail”;
– Rs 500 millions pour la mise à exécution du projet de tablettes digitales pour les élèves en grades 1 et 2 du primaire;
– Rs 1,1 milliard pour doter le judiciaire d’une Supreme Court Tower dans la capitale;
– Rs 2,7 milliards pour la construction d’une nouvelle Parliament House et des bureaux du gouvernement à Heritage City, Highlands;
– Rs 500 millions pour la construction d’un nouvel hôpital ORL (ENT) à Vacoas; et
– Rs 500 millions pour le logement sous le Plan Marshall.
Au niveau du budget courant, la décision du gouvernement de procéder à un “reprofiling” de la dette étrangère, avec le remboursement prématuré de Rs 4,3 milliards (USD 120 millions), fait que les dotations pour le servicing de la dette seront de l’ordre de Rs 29,4 milliards, dont Rs 18,1 milliards pour le remboursement du capital et Rs 11,3 milliards pour assurer les intérêts en 2016/17. Pour le précédent exercice financier, la dette avait épongé des ressources financières de Rs 16,3 milliards.
Puis il y a encore ces ministères budgétivores. Ainsi, le ministère de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale établit un nouveau record en 2016/17 en franchissant le seuil des Rs 20 milliards, soit Rs 21,2 milliards, contre Rs 19,8 milliards l’année dernière. Le budget du ministère de l’Education ne se trouve pas trop loin derrière, avec Rs 16,1 milliards, soit Rs 1,6 milliard de plus que le précédent exercice financier. La mise à exécution du “Nine-Year Schooling” imposera des dépenses supplémentaires de Rs 2 milliards au cours des deux prochaines années.
Le ministère de la Santé fait également partie du club des Rs 10 milliards avec un budget de Rs 10,9 milliards, alors que la police, même bénéficiant d’une augmentation de Rs 1 milliard, se retrouve à hauteur des Rs 8,7 milliards.