Les syndicalistes convoqués au bâtiment du Trésor par le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, dans le cadre de la préparation du prochain Budget, ont été unanimes à réclamer, entre autres, un allégement des différentes taxes. Une révision de la CSR et du système de transport pour les étudiants ainsi que l’introduction d’un contrôle des prix étaient également au centre des préoccupations des syndicalistes.
À l’issue de leur rencontre avec Pravind Jugnauth, les syndicalistes ont été unanimes à reconnaître que le Premier ministre et ministre des Finances les a écoutés. « Li finn paret pe bien ekoute. Li ti mem pran not », relate Narendranath Gopee, président de la National Trade Union Confederation (NTUC). Il ressort des dépositions des différents syndicalistes qu’une révision de notre système de taxation semble être leur principale préoccupation. « Ki bann ki gagn ziska Rs 30 000 exanpte de l’Income Tax ! » a réclamé le président de l’All Employees Confederation, Rashid Imrith. « Pa posib ki bann ti dimounn ek bann gro konpani, ki fer par milion profi, pey tou le de 15 % tax », s’est inginé Narendranath Gopee.
Clency Bidi, porte-parole de CSG-Solidarité/General Workers Federation (GWF), a abondé dans le même sens. « Le gouvernement s’est félicité que le gâteau national a grossi. Il est donc normal que nous voulions qu’il soit partagé de façon plus équitable. D’autant que l’écart se creuse de jour en jour entre les riches et les pauvres », a-t-il argué. Selon notre interlocuteur, le seuil de l’imposition de l’Income Tax devrait passer de Rs 295 000 à Rs 325 000, et tous les autres seuils d’imposition devraient être augmentés de Rs 30 000. Clency Bibi a également demandé que le boni de fin d’année (13e mois) soit aussi exempté de taxe. « Les familles utilisent cet argent pour acheter le matériel scolaire de leurs enfants », a-t-il expliqué.
« La classe moyenne reste l’éternelle tondue. Il faut revoir notre système de taxation », a insisté de son côté le président de la Confederation of Free Trade Unions, Radhakrishna Sadien. « Pa kapav kontinie ki bann individuel ek zot ti saler pey mem kantite tax ki bann gro konpani ki fer profi par miyar », s’est-il indigné.
Suraj Ray, de la Congress of Independent Trade Unions (CITU), veut lui aussi une refonte de notre modèle de taxation. « Non selman bann konpani ki fer gro profi bizin pey pli gro tax, me bann konpani ki polie bizin zot osi pey enn tax, et ce d’après le « principe de pollueur-payeur » », a-t-il dit.
Redistribution ?équitable
Le président du Mauritius Labour Congress est également parmi ces syndicalistes qui militent pour une révision de notre système de taxe en vue d’alléger les dépenses des personnes vulnérables et celles de la classe moyenne. « Li pa posib ki enn dimounn ki pov pey 15 % TVA parey kouma bann ki ena moyen », a-t-il plaidé. « Ek sa politik fiskal ki nou ena dan Moris, la klas moyenn pe disparet », s’est-il indigné.
Reeaz Chuttoo, de la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP), a également plaidé pour une redistribution équitable de la richesse nationale à travers une révision de notre système de taxe. La secrétaire de la CTSP, Jane Ragoo, a, elle, demandé la régularisation de la situation des femmes cleaners des écoles gouvernementales, qui touchent Rs 1 500 par mois.
Une révision de la politique de la Corporate Social Responsibility (CRS) pour impliquer également comme bénéficiaires les syndicats et les travailleurs a également été réclamée. Les autres demandes des syndicalistes consistent en une refonte de la Public Service Commission (pour davantage de transparence et de redevabilité) et du système de transport gratuit pour les étudiants, des amendements aux lois du travail, le maintien de la retraite à 60 ans, le contrôle des prix à la consommation, l’introduction d’un Public Service Bill, l’exemption fiscale pour les jeunes chômeurs de plus de 18 ans qui dépendent encore de leurs parents et une révision du paiement pour l’assainissement (Wastewater). Radhakrishna Sadien s’est également élevé contre la politique de privatisation des services du gouvernement.
Soulignons que les journalistes de la presse écrite et parlée (sauf ceux de la MBC) n’ont pas été admis dans la salle de réunion. Dans une déclaration à la télévision nationale hier soir, Pravind Jugnauth a exprimé son « appréciation » de la contribution de ces syndicalistes à la préparation de son prochain budget. « Nou pou aster etidie tou sa bann propozision ki nou finn gagne », a-t-il promis. « Me sa pa vedir nou pou kapav realiz tou, parski boukou pou ena bann konsekans lor le long terme », a-t-il toutefois nuancé.