L’Université de Maurice a essuyé un coup dur à sa réputation avec le rapport de l’Equal Opportunities Commission suite au récent exercice de nomination de la Vice-Chancellor. Ameenah Gurib-Fakim, se sentant lésée par la décision de cette instance au-delà de tout soupçon, avait saisi la commission pour une révision complète de son cas. Elle n’a pas eu gain de cause, car après analyse des faits, la commission est arrivée à la conclusion que le choix final était entre deux autres candidats. Néanmoins, les procédures adoptées pour une telle nomination à la tête de l’Université de Maurice ne sont nullement exemptes de toute critique. L’Equal Opportunities Commission l’a couché sur papier et l’Université de Maurice remuer ciel et terre pour contrer cette note extrêmement défavorable.
Dans son rapport sur les protestations d’Ameenah Gurib-Fakim, la Commission relève cinq manquements dans les procédures pour la nomination à un poste aussi important et crucial sur le campus du Réduit, à savoir, “there was no precise and accurate pre-established criteria on which the members of the panel had to judge the candidates”,par conséquent, l’Université de Maurice ne dispose pas de Standard Form Mark Sheetspour les besoins des membres du panel de sélection, absence d’homogénéité pour l’évaluation des candidats, car chaque membre du panel procédait de manière différente, des contradictions dans les témoignages au sujet du “custody of the so-called mark sheets or any other paper used for jotting down notes” et qu’il n’y aurait jamais eu de Tie-Break,nécessitant le Casting Vote du Pr Sudarshan Jugessur, Alleged Discriminator si un des membres du panel n’avait pas décidé de réviser son choix après délibérations au sein du comité.
L’Equal Opportunitues Commission dénonce également le déroulement de l’interview de la candidate Gurib-Fakim par les membres du panel. Elle se trouvait au Pakistan au moment duCall for Interviewset cet exercice s’est déroulé par voie de Skype. “We feel duty bound to place on record that our investigation has nonetheless revealed that more consideration was given by members of the panel to Ameenah Gurib-Fakim’s demeanour and apparent traits of character during her interview rather than laying emphasis on her undisputed qualifications and experienced”,souligne avec force la Commission dans ses Findings.
Les six membres du panel, dont quatre femmes, constitué pour le choix d’une Vice-Chancellor étaient Mme Issur-Goorah, Registrar à l’Université de Maurice, l’Associate Professor Ramchurn, doyen de la faculté des sciences, Mme S. Naiken,  membre du conseil de l’Université, Mme Demkah-Bagha, présidente du Staff Committee, Dr F. Khodaboccus, directeur du département de Quality Assurance, et Mme Nababsing, Permanent Secretary au ministère de l’Enseignement supérieur.
Les règles ont été respectées, selon l’Université
La commission s’appesantit sur le fait que le panel avait mené l’exercice d’interview en présence du Pr Jugessur, “who, according to the rules of the Alleged Discriminator, would have had no right to vote until and unless there would have been a tie-break between the six members of the panel as to the choice of the successful candidate. It is interesting to note that Professor Jugessur has had to exercise his casting vote in the case in light”. Le rapport de la commission ne révèle pas pour quelles raisons un des membres du panel avait été amené à réviser son choix initial pour arriver au deadlockavec le choix de l’Alleged Discriminator pesant en faveur de la candidate qui a été choisie même si Ameenah Gurib-Fakim n’était plus de la course.
Devant ce coup dur administré par l’Equal Opportunities Commission, l’Université de Maurice, le flambeau dans le secteur de l’Enseignement supérieur, ébranlée par des scandales, a cru nécessaire de contrecarrer les retombées négatives par voie de communiqué, qui prend à contre-pied un des Findings.“Concernant le dernier recrutement en date pour le poste de vice-chancelier, toutes les règles établiesont été respectées. Un dossier complet avec tous les documents nécessaires, y compris les marksheets avec les critères préétablis, a été remis à tous les membres du comité, pour le bon déroulement de l’exercice de recrutement. Les membres ont pleinement assumé leurs responsabilités dans cet exercice  sans aucune entrave dans leur choix de candidat”,soutient l’Université de Maurice, qui réitère son engagement à “promouvoir l’égalité des chances en matière d’emploi et à respecter toutes les procédures et règles déjà définies”.
Dans la conjoncture, les responsables de cette institution d’enseignement supérieur, la plus importante du pays, doivent réaliser que l’opération de Damage Control pour faire estomper les effets négatifs de ce scandale risque d’être échelonnée dans le temps, car la contestation pourrait se déplacer en Cour suprême exposant l’Université de Maurice à d’autres critiques par rapport à ses procédures