Dans le cadre d’une évaluation des procédures d’intervention en cas d’urgence, les agences basées à l’aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam étaient à l’épreuve d’un exercice de simulation grandeur nature lundi. D’importants moyens ont été déployés avec le scénario catastrophe d’un B747-400, avion de la compagnie Omal Airways, s’écrasant sur une des pistes.
Pour les besoins de cet exercice biennal, des noms fictifs ont été créés dont Omal Airways, l’Aden Demba International Airport ou le Cabon. En effet, tout a été élaboré dans le moindre détail et rien n’a été laissé au hasard pour cette opération qui a nécessité plus de trois mois de préparatifs et a mobilisé environ 400 personnes. Cette simulation d’envergure occupe une place importante dans le calendrier d’Airports of Mauritius (AML) compte tenu qu’elle fait partie des recommandations de l’Organisation Aviation Civile Internationale (l’OACI) et constitue une étape obligatoire menant au renouvellement de la licence d’opération de l’aéroport.
Pour cette septième édition, avec le nom de code Fireball 2012, le scénario est celui d’un avion, le B747-400, qui s’est écrasé en pleine piste deux minutes seulement après son décollage et avec 82 passagers et 10 membres d’équipage à son bord. Initialement il était prévue que le vol OMA 8969 regagne l’Aden Demba International Airport au Cabon, après avoir décollé de la piste à précisément 18 h 18.
La tour de contrôle a immédiatement déclenché le protocole «Full Emergency Notice » à la vue des premières épaisses fumées noires se dégageant de la piste. On a procédé à l’ouverture immédiate du centre d’opération d’urgence placé sous la responsabilité du Chief Executive Officer d’Airports of Mauritius, Serge Petit, épaulé par les responsables des départements des Opérations et de la
Sûreté. La première tache des pompiers de l’Airport Rescue and Fire Fighting Services, assistés des membres de la Government Fire Services, était de maîtriser le sinistre, alors que d’épaisses flammes émanaient de plus en plus de l’appareil d’Omal Airways. Avec l’important déploiement des soldats du feu et pas moins de cinq camions de pompiers suréquipés, les flammes ont été dans un premier temps contenues avant que l’incendie ne soit complètement circonscrit avec l’utilisation de «concentrate foam».
Une deuxième équipe de secouristes en soutien devait par la suite faire le bilan et le triage des victimes du crash. À ce stade des opérations, l’on pouvait toutefois constater, malheureusement ceci : une certaine nonchalance chez certains secouristes. À la fin des opérations de secours, qui se sont achevées à 22 h 26, un peu plus de quatre heures donc après la catastrophe, on déplorait un lourd bilan de 54 morts et 32 blessés dont 16 dans un état critique.
Les opérations ont été évaluées par une trentaine d’observateurs de différents organismes dont des représentants des aéroports des Seychelles et de l’Afrique du Sud et des ambassades étrangères s’étaient rendus sur le site du crash. Ils auront pour responsabilité de rédiger un rapport sur le déroulement de l’exercice afin de
clairement identifier les lacunes au niveau des procédures telles que détaillées dans le plan d’urgence de l’aéroport.
De son côté, AML fait déjà part de sa satisfaction quant au déroulement de cet exercice. « L’objectif de cet exercice est de tester la coordination des services de l’aéroport et d’évaluer la communication de crise en cas d’urgence à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam. L’opération s’est déroulée dans de bonnes conditions. Il s’agit maintenant d’évaluer le rapport des observateurs. Une réunion est d’ailleurs prévue pour passer en revue les recommandations formulées », explique le directeur des opérations.