Samuel Kistohurry pourra-t-il rejoindre les rangs de la présélection nationale de boxe afin de pouvoir aspirer à une qualification pour les Jeux Olympiques de Rio l’année prochaine ? Ce sujet a fait débat au cours de la dernière réunion de l’Association mauricienne de boxe (AMB) et divise actuellement les membres du comité directeur de cet organisme.
Samuel Kistohurry, jeune boxeur de 20 ans résidant en France et né de parents mauriciens, s’est donné jusqu’à mardi prochain pour prendre une décision finale quant à ses projets à court terme. Sa situation s’est compliquée du fait que la France possède déjà un qualifié pour les JO de Rio dans la catégorie -56 kg, soit la catégorie dans laquelle il excelle. Lors de la finale de l’AIBA Professionnal Boxing (APB) tenue le mois dernier au Palais des Sports Marcel Cerdan à Paris, le Français Khedafi Djelkhir avait pris la mesure de l’Argentin Alberto Melio, s’assurant ainsi du précieux visa.
Il est à noter que Djelkhir, médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de Beijing en 2008, avait entamé une carrière professionnelle l’année suivante. Devant une telle situation, les parents de Samuel Kistohurry ont écrit à l’AMB pour une éventuelle participation de leur fils sous les couleurs mauriciennes.
Mais voilà, plusieurs membres du comité directeur de la fédération, sans même prendre connaissance du palmarès du boxeur, ne se sont pas déclarés favorables à cette venue. Lors de la réunion de mardi dernier, ils ont mis en avant le fait que deux expatriés, en l’occurrence Hussein Mohungoo et Noorman Meerun, avaient participé aux championnats nationaux Elite la saison dernière et que cette participation était demeurée sans suite. Ils soutiennent également que Maurice possède déjà deux boxeurs de bon niveau dans cette catégorie, à savoir Yannish Hurpersad et Olivier Laverdure, et qu’il faudra donner la chance aux boxeurs ayant été formés localement.
Reste que Samuel Kistohurry est loin d’être le premier venu. Celui qui est considéré comme un « surdoué » par la presse française possède à son palmarès les titres de champion de France chez les cadets, juniors et en deux occasions dans la catégorie Elite. Vainqueur de Mohamed Fatas par arrêt de l’arbitre à la troisième reprise lors de l’édition 2014, Kistohurry a cette saison repoussé le challenge d’Abdessamad Ferdaoui.
« En 2014, c’était très fort, car j’étais sacré dès ma première saison au plus haut niveau. Mais celui-là me fait aussi très plaisir, car il a été quelque peu plus difficile à décrocher. La résistance de mon adversaire m’a étonnée. J’ai dû m’employer », confiait-il au Journal Sud-Ouest à l’issue de ce sacre.
Auparavant, il avait atteint les huitièmes de finale des championnats du monde Youth en Arménie en 2013 et avait brillé au niveau de quelques tournois continentaux. Membre de l’USSAP Boxe depuis quatre ans, il compte préparer son BAC Pro Commerce avant d’envisager une participation aux prochains championnats du monde au Qatar en octobre.
Quant à son désir de rejoindre les rangs de la présélection mauricienne, Samuel Kistohurry, qui avait comme premier entraîneur Himed Harzi à Lormont, avance l’argument suivant : « Je possède la double nationalité. Je peux aussi me qualifier pour les JO par la filière mauricienne. Une décision sera prise le 10 mars. »