Shumba Coal, compagnie enregistrée dans le secteur du Global Business à Maurice et spécialisée dans l’exploitation de mines de charbon au Botswana, compte soumettre bientôt une demande de cotation à la Bourse de Maurice. En cas d’acceptation de son dossier par la Financial Services Commission et la Stock Exchange of Mauritius Ltd (SEM), Shumba Coal deviendra la première société du secteur minier à figurer sur la liste des valeurs boursières locales et à avoir, par ailleurs, une double cotation, vu qu’elle est déjà inscrite sur la Botswana Stock Exchange.
« Maurice fait partie du continent africain et nous pensons qu’il y a beaucoup de synergies qui peuvent être développées entre Maurice et le Botswana. De plus, Maurice ne cesse de progresser en tant que plateforme financière pour canaliser les investissements étrangers vers l’Afrique en particulier ceux venant d’Asie », a déclaré hier Alan Clegg, président de Shumba Coal, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Le Labourdonnais, pour expliquer les raisons qui ont motivé la direction de la compagnie minière à rechercher une cotation sur le marché boursier mauricien. « Mauritius is firmly on the map », a-t-il souligné en précisant que la démarche de Shumba Coal constitue la deuxième étape de son processus de développement. Comptant environ 230 actionnaires actuellement dont huit fonds de pension, Shumba Coal a une capitalisation boursière de l’ordre de 22 millions de dollars, ce qui la place parmi les trois premières sociétés cotées sur le marché boursier botswanais et dont les opérations sont exclusivement orientées vers l’exploitation de mines de charbon.
Les dirigeants de Shumba Coal ont laissé entendre que le dossier d’introduction à la Bourse de Maurice a été confié à l’International Financial Services Ltd et que c’est Anglo-Mauritius Stockbrokers Limited qui a été choisie comme société de bourse. Shumba Coal espère pouvoir obtenir le feu vert des autorités boursières pour une introduction au plus tard fin septembre 2013. La compagnie compte lever, dans un premier temps, un montant de 5 millions de dollars auprès des investisseurs locaux et étrangers. S’expliquant sur l’incorporation de la société à Maurice, Alan Clegg a observé que Maurice a atteint un haut niveau de qualité en ce qui concerne les services financiers. « We are here to stay and we want to show that we are a good corporate citizen », a ajouté Alan Clegg, qui a également mis l’accent sur « l’honnêteté et l’agilité dans les affaires ».
Le directeur général de Shumba Coal, Mashale Phumaphi, a indiqué que l’objectif de la société est l’acquisition et le développement de licences d’exploration de charbon à fort potentiel au Botswana. Shumba Coal veut développer la production et l’approvisionnement durable de charbon thermique du Botswana. « Nous avons des intentions réelles et sérieuses pour mettre au point, dans un délai mais réaliste, la production et la fourniture durable de charbon thermique à partir du Botswana », a-t-il fait comprendre. Shumba Coal a à son actif la mine de charbon thermique Sechaba, qui, selon les estimations, compte environ 1 milliard de tonnes de charbon thermique. Le site, précise-t-on, est facilement accessible par réseau routier et chemins de fer. Sechaba est situé à côté d’une mine détenue par la société de renom Anglo American qui exporte actuellement du charbon vers l’Europe et les pays voisins.
« Botswana has got the largest coal resources on the continent », a annoncé Mashale Phumaphi. Citant l’édition 2011 de la « Fraser Institute Annual Survey of Mining Companies », il a relevé que le Botswana demeure « the most preferred mining and minerals investment destination in Africa ». Le pays, a-t-il poursuivi, exporte déjà du charbon vers des pays voisins et a le potentiel d’assurer un approvisionnement régulier dans toute la région d’Afrique australe. Il est un fait, a déclaré Mashale Phumaphi, qu’il y a un déficit de production énergétique dans la région. Selon la direction de Shumba Coal, il y a une grave pénurie dans les marchés d’alimentation du charbon tant au niveau régional que mondial.
« Cela a créé des opportunités à long terme pour tous les nouveaux producteurs d’électricité. Le Botswana à lui seul a besoin de plus de 600 MW à court terme. Dans la région de la SADC, les pays membres font face à un manque croissant d’énergie qui pourrait atteindre les 36 000 MW d’ici à 2030 », soutiennent les dirigeants de Shumba Coal. Tenant compte des ajustements tarifaires (+150 %) intervenus ces quatre dernières années, ils anticipent des augmentations significatives des tarifs au cours des cinq prochaines années. Les perspectives pour les producteurs d’énergie indépendants et les fournisseurs de charbon comme Shumba Coal sont intéressantes, soutient la direction de la société.