Un “Master Plan for the Development of Water Resources in Mauritius (2025-2050)” préparé par Niras A/S Denmark et son partenaire mauricien Mega Design Consultants Ltd sur la demande nationale en eau et la disponibilité de cette ressource sur le long terme est actuellement au stade de fin d’étude par les techniciens et les hauts cadres du ministère de l’Énergie et des Services publics. Selon une source à ce ministère, sa présentation à l’ensemble du gouvernement pourrait intervenir lors d’une session du Cabinet le mois prochain. Les principales conclusions de ce rapport révèlent que Maurice possède un potentiel de production additionnelle d’eau potable allant jusqu’à 225 millions de mètres cubes (Mm3) sur les quarante prochaines années. Ce volume — qui comprend les 52 Mm3 à venir des barrages de Bagatelle et de Rivière-des-Anguilles, actuellement en construction, — pourrait être obtenu par l’aménagement de nouveaux barrages dans quatre endroits stratégiques, le pompage direct de rivières, de nouveaux forages et l’utilisation des eaux usées recyclées par la station de St-Martin, entre autres sources. Le Master Plan fait aussi état de moyens de réduire les pertes sur le réseau, d’une distribution équitable de nos ressources en eau par l’institution d’un Water Rights Office qui serait chargé de l’octroi non pas de Water Rights mais de Water Permits au secteur privé.
Le Master Plan for the Development of Water Resources in Mauritius laisse entrevoir la grande disponibilité en eau potable dont pourrait jouir le pays d’ici 2025 et 2050, moyennant des investissements financiers massifs pour une exploitation adéquate. Le partenariat de consultants Niras A/S Denmark/Mega Design Ltd identifie une cinquantaine de possibilités d’extraction d’eau à travers le pays, dont la plus grande part de production pourrait être générée par l’aménagement de quatre nouveaux barrages. Ceux-ci viendraient s’ajouter aux deux autres actuellement en construction, à Bagatelle et à Rivière-des-Anguilles. L’une des principales propositions concerne l’aménagement d’un barrage en aval de Rivière Baptiste, dans la région de La Laura-Malenga, à Moka, et qui pourrait produire jusqu’à 25 000 mètres cubes (m3) par jour, soit environ 10 millions de mètres cubes (Mm3) par an. Une autre proposition, quoique nécessitant des études topographiques et géologiques plus poussées, risquerait elle, si elle est concluante, de donner la mesure de la sous-exploitation de nos ressources en eau pluviales à des fins de consommation durant ces quarante dernières années. Il s’agit de l’aménagement d’un barrage long de 3 kilomètres et haut de 30 mètres sur la Grande-Rivière Sud-Est qui, s’il s’avère techniquement et financièrement réalisable, permettrait d’obtenir une capacité de rétention moyenne de pas moins de 50 millions de m3 d’eau, soit le double de la capacité moyenne de stockage de Mare-aux-Vacoas, le plus grand réservoir du pays. Le rapport recommande que des recherches approfondies soient menées dans la région de Deux-Frères, dans la vallée séparant Montagne-Ravat et Montagne Beau-Champ/Bambous, qui font partie de la chaîne de Montagne-Blanche, pour accueillir un tel barrage. Cette vallée recueillerait un volume d’eaux pluviales conséquent transporté à flancs de montagnes jusqu’à la Grande-Rivière Sud-Est. Avec deux autres barrages préconisés (quoique de moindre importance) le pays pourrait disposer d’un volume d’eau additionnel de 68 Mm3 annuellement provenant de ce type d’extraction.
Irrigation
L’étude recommande parallèlement l’agrandissement de deux barrages existants, par le rehaussement de leurs parois de rétention d’environ 5 mètres, ce qui permettrait de retenir 13 Mm3 d’eau par an ; le pompage d’eau directement de 11 rivières à travers le pays, permettant d’obtenir 51 Mm3 d’eau annuellement ; l’exploitation de 41 nouveaux forages (boreholes) pouvant générer 33 Mm3 d’eau par an. D’autre part, le Master Plan fait état du volume d’eaux usées recyclées par la station d’épuration de St-Martin qui traite 40 000 m3 par jour ; une source d’eau non exploitée, déplore-t-elle, puisque jetée à la mer. Le rapport estime que 20 000 m3 par jour de ces eaux recyclées devraient servir à l’irrigation, compensant de fait la perte en eau potable actuellement utilisée à ces fins, alors qu’une réutilisation d’une autre partie à des fins de consommation permettrait, selon le Master Plan, d’économiser environ 8 Mm3 d’eau épurée par an. Les projections du Master Plan montrent que le pays aura besoin de 60 Mm3 d’eau par an pour l’irrigation en prenant en considération la tendance à la baisse des terres sous culture.
Pertes sur le réseau
Toutes les éventuelles exploitations recommandées par le Master Plan pourraient générer un total d’environ 173 Mm3 d’eau annuellement. Ajoutés aux 52 Mm3 attendus des futurs Bagatelle et Rivière-des-Anguilles Dams, la capacité de stockage s’élèverait à 225 Mm3 d’eau additionnelles. Toutefois, mitigent les auteurs du rapport, en comptant avec les pertes en cours de traitement et de distribution, les consommateurs pourraient disposer en réalité d’environ 150 Mm3 additionnelles par an d’ici 2050. Rappellons que la production actuelle de la CWA est de 220 Mm3 d’eau par an, mais qu’elle perd environ 50 % de sa production sur le réseau.
Le Master Plan for the Development of Water Resources in Mauritius préconise divers moyens techniques de réduire ces pertes à 25 %, soit de moitié. Le “Non revenue water” est notamment attribué à des tuyaux vétustes, mais aussi à des vols d’eau, entre autres, par des usagers domestiques et de gros clients industriels et commerciaux sur le réseau.
Soulignons que le Master Plan for the Development of Water Resources in Mauritius (2025-2050), sert de base de données techniques pour l’étude que mènent actuellement les consultants singapouriens, chargés, eux, de la révision institutionnelle du secteur eau.