Décrire les choses, la nature, demeurer homme : Pierre Argo, plasticien et photographe, nous invite à une expérience d’ouverture pour fêter un demi-siècle de peinture à la School of Fine Arts du MGI à Moka jusqu’au 3 juillet 2012. Les 48 peintures exposées (mix média) ne sont-elles pas, chacune à leur manière, cet appel des profondeurs à la lumière en passant par le retour à la simplicité, le recours à l’émotion, l’immédiateté ?
Depuis 50 ans, Pierre Argo s’attache à mettre en scène l’implacable de la réalité. C’est dire qu’il place l’homme et le monde environnant au centre de son oeuvre. Réalité et intemporalité : toujours et encore peinture et poésie, beauté et misère. L’artiste qualifié au départ, faute de mieux, d’expressionniste, développe une peinture racontant l’éternelle histoire de l’aventure humaine mais dont l’épilogue est toujours une victoire. Le nouveau combat d’Argo se déploie en prenant à bras le corps la métaphore. Pierre Argo propose un exercice saisissant en se livrant à une lecture du monde à travers collages, accidents de peinture, dessins, signes de l’écrit. C’est sa manière d’honorer la peinture. Ses grandes acryliques dialoguent avec d’autres d’autres pièces sur tissu, bouleversent, attirent le regard. Un palette de tons gris, brun, bleu jaune dominants avec en soutien le vert, le rouge carmin pour une subtile partition du mat et du brillant, signe de renouveau. Sans compter bien sûr la matière et le geste ample. Léger au début dans les esquisses préparatoires, puis plus vif sur la toile et définitivement nerveux lorsque le motif est travaillé au plus près de la matière.
Gage de sa maturité, Argo, artiste – et témoin de son époque – entame avec humilité un questionnement sur la façon de peindre. Une manière de placer la quête de vérité au centre de son propos.
L’essentiel de ce que Pierre Argo a créé pendant cinquante ans est là : un ensemble magistral et incroyablement cohérent.