Le mouvement scout fêtait ses cent ans en 2012. Le Blue Penny Museum, à Port-Louis, lui dédie une exposition de photos et d’objets jusqu’au 26 janvier.
Si vous êtes scout aujourd’hui, c’est que vous connaissez une île Maurice plutôt bétonnée, aux lumières artificielles, où il est de plus en plus difficile d’aller trouver dépaysement, retour à la nature. L’exposition de photographies — technique sépia, pour la plupart — et d’objets sur le centenaire du scoutisme à Maurice, proposée par le Blue Penny Museum vous ramènera loin dans le temps… Et plus près des valeurs.
Valeurs : il ne s’agit pas d’une exposition rigoureusement légendée. On ne saura pas toujours les dates des clichés, ni le nom de ceux qui les ont pris. Le choix, délibéré ou non, est de se focaliser sur l’âme scoute. Un pari plutôt réussi, un gentil manque d’ordre qui ajoute au rustique. On sent bien le passé, la brèche. Ces photos, on les retrouve, éparses… Comme à la découverte de reliques.
L’histoire du scoutisme, en images, c’est aussi l’histoire de Maurice. Des paysages, comme ces plaines du sud, toutes désertes où l’on peut venir camper avec la certitude de ne pas être dérangé. Des randonnées et cette végétation reproduite sur canvas sépia, une géographie que l’on ne peut pas toujours retracer. L’exposition est aussi l’occasion de noter les changements sociaux. Le scoutisme de 1912 à la Burgh-Edwardes, fondateur du mouvement à Maurice, reste économiquement élitiste, associé aux « classes dominantes » en bonne antichambre paramilitaire. Le scoutisme aujourd’hui serait plus arc-en-ciel, « sans distinction de couleur, culture, et religion ».
Le scoutisme mauricien sera à l’honneur au Blue Penny jusqu’au 26 janvier. Il ne s’agira pas d’un parcours historique académiquement rigoureux. Il sera toutefois vécu comme un voyage onirique par ceux qui cultivent le goût de l’aventure ou la nostalgie d’une île Maurice perdue.