Après plusieurs expositions, performances et installations, l’artiste interdisciplinaire Nikunja a envahi l’espace de l’Institut français de Maurice de ses oeuvres. La manifestation est intitulée « Le Cercle Brisée » : une exposition interdisciplinaire et un projet artistique réalisés à Maurice. Nikunja s’approprie le cercle comme matériau créatif. Hommage donc aux gestes spontanés, à la matière. « La matérialité, la causalité, le geste » comme le précise l’artiste. Résultat : une oeuvre foisonnante et diverse qui additionne une réflexion critique sur l’art, sur l’individu, sur l’évolution de la civilisation. Il y a aussi différents plans et une suite de petites pépites : installation, peinture, sculpture, projection vidéo et le projet sur place « La Reconstruction de la Tour de Babel ».  Par exemple, « Le cercle du Sacré et du Profane » est une installation qui interroge « le rapport du quotidien avec les voeux/désir intérieur de l’homme… Cette installation consiste en huit corbeilles  renversées qui contiennent des objets de la vie quotidienne. Quatre pneus colorés reflétant la lumière forment « Le cercle solaire ». Il y a aussi les installations/peintures et une méditation sur Maurice en sculpture vivante (des pots ou « rice cookers » contenant du lait bouillant) dans la salle d’exposition de l’IFM.
Ces oeuvres troublantes issues de matériaux de récupération mêlant diverses liquides, et récits du quotidien invitent au voyage. Une riche iconographie aussi balisée de poésie et de réflexions philosophiques. Il y a aussi une exploration de divers thèmes, notamment celle de la liberté. Nouvelle forme de démocratie directe, les créations de Nikunja hors musée et hors galerie sont autant de chemins à suivre hors des sentiers battus. Nikunja invite son interlocuteur à abandonner le confort des images préconçues pour des oeuvres audacieuses. Il inscrit l’interrogation au coeur de son art et signe Babel. Il poursuit ses questionnements stylistiques en variant les manières – ses travaux allant d’une expression très visuelle jusqu’à la contemplation. Chacune de ses oeuvres est un événement en soi. Ses potentialités d’expression : l’image et les matériaux se présentent énigmatiques. Une histoire plastique qui n’en finit pas de nous étonner et qui force à dévoiler une partie de soi. Il y a aussi dans « Le Cercle Brisé » la culture de l’image. Le cinéma stimule l’artiste énormément. Son travail est un carrefour d’influences et d’images. On voit une baignoire remplie de lait. Des images en noir et blanc défilent au-dessus de cette surface. Ce sont des scènes de guerre mêlées à des gestes de la vie quotidienne. La question ne se pose pas en tant que médium mais en terme de mise en scène de chaque installation. Dans cet ensemble fort varié on trouve « La reconstruction de la Tour de Babel », une installation interactive qui change constamment par les différentes interventions du public. Une création de briques qui symbolise la diversité de l’expression.  ?La peinture de Nikunja interpelle par la seule force de ses moyens plastiques: textures, formes, couleurs. On devine le poids symbolique des matériaux dans les créations majeures de Nikunja. Mais il y a aussi la recherche du plaisir et de l’épanouissement de soi. Le travail de cet artiste est également le symptôme du vouloir exister, échapper aux normes.
Des performances sont prévues la semaine prochaine. Contacter le 467 4222.