« La photo est, telle la poésie, un art de dire, mais avec des outils, des moyens différents… » Pour la troisième année, l’artiste photographe Jameel Peerally offre à ses élèves un espace d’exposition. « Car la photo n’est pas faite pour être conservée au fond d’un tiroir. Elle a besoin et mérite d’être vue par le plus grand nombre ! », précise le principal concerné. À compter du vendredi 9 septembre, In Focus 3 accueille, à l’Amnezia, à Ébène, 70 photos signées par une trentaine des élèves de M. Peerally. Avant-goût…
Des paysages, bien sûr, mais aussi des expressions, d’enfants ou d’adultes, prises sur le vif ; des couleurs de la vie, crépuscule ou rayons du soleil jouant entre les nuages ; des teintes de la nature nous entourant… « Du photo journalisme, également, relève le responsable des cours de photos. Et de la “straight photography”, soit une image où le photographe n’a pas usé d’effets spéciaux, ni de mise en scène, pour traduire la réalité telle qu’elle. Il s’agit de la photographie dans son expression la plus simple. Sans artifices ni rien. Comme figer un moment dans l’espace-temps… »
Dans le même souffle, Jameel Peerally élabore : « Le photographe a cette capacité particulière de pouvoir retenir un moment pour l’éternité, suspendre le temps, immortaliser une expression, une émotion, une nuance… » Un éclair de vie qui recèle et révèle l’essence même de l’existence. « En cela, la démarche du photographe n’est pas sans rappeler celle du poète, continue notre interlocuteur. Autant que le poète use de ses mots et de sa plume pour témoigner de ce qu’il ressent en vivant une chose, autant le photographe parvient, avec son oeil et son appareil, à saisir un moment unique. Dès lors, il peut redécouvrir ce moment autant de fois qu’il le veut, le scruter, donner l’occasion à d’autres d’en faire autant, et ressentir à chaque fois des sentiments nouveaux, donner naissance à des pensées nouvelles… »
Chacun de ses élèves le confirme, autant que lui le revendique : la photographie, pour Jameel Peerally, n’est pas qu’un art. « C’est tout une école, une école de la vie, un apprentissage à vivre. » Chaque élève ayant suivi les cours de M. Peerally « s’en sort différent ; avec un regard, déjà, qui change sur le monde, tant autour de lui que dans sa généralité. » Car l’objectif de l’artiste n’est pas « uniquement d’inculquer des techniques. Cet aspect est important mais n’est pas une finalité. »
Ce qui importe pour Jameel Peerally et qu’il s’attache à faire prendre conscience à ses élèves, « c’est d’aiguiser le regard, de travailler son sens de l’observation pour parvenir à entrer en harmonie avec ce qui nous entoure et dans l’espace dans lequel nous vivons. » Il s’agit, d’ailleurs, pour lui, d’une philosophie qui lui est très chère.
La relation entre le photographe et son art, de ce fait, est totalement subjective : « Apprendre à faire de la photo amène à devenir plus vigilant à tout ce qui vit autour de nous ; à changer de regard et d’attitude. » Il ajoute : « Chacun a sa manière de voir les choses. Et c’est donc une foison de regards, de manières de voir la même chose. C’est cela qui fait toute la beauté et la richesse de tout un chacun. »
In Focus 3 rassemble 70 photos signées par une trentaine des élèves de Jameel Peerally. Certains sont des anciens, beaucoup des nouveaux venus. L’exposition débutera à l’Amnezia d’Ébène ce vendredi 9 septembre. Elle bougera ensuite dans différentes régions et passera par le Shoprite de Trianon avant de terminer sa tournée au Big Willy’s de Tamarin.