Le Mauritius Institute (MI) à Port-Louis accueille en ce moment la première exposition solo de Roopam Gujadhur. La peintre, toute nouvelle dans le paysage artistique mauricien, marque certainement les esprits de par sa maîtrise quasi parfaite de la transcription de l’âme de ses sujets à travers ses huiles notamment. Le visiteur pourra aussi découvrir des magnifiques peintures sur porcelaine qu’elle a réalisées lors d’un séjour à Rome et des aquarelles parmi d’autres travaux entrepris durant ces dix dernières années.
Nombreux sont ceux empruntant la rue La Chaussée à Port-Louis tous les jours à avoir été frappés par l’image presque photographique de cette femme au regard puissant qui baigne dans la lumière et qui est accrochée au bâtiment abritant le musée d’histoire naturelle. D’ailleurs, combien sont-ils à s’être posés la question de savoir s’il s’agit d’une photo ou d’une peinture ? C’est seulement en y portant une attention particulière que l’on se rend compte de sa nature et résolument de la maîtrise parfaite de la reproduction des effets de la lumière sur son sujet par l’artiste. Cette pièce maîtresse de l’exposition attise passion et curiosité, apprivoise même le public l’amenant jusqu’à la galerie d’art située au premier étage du bâtiment, l’occasion pour lui de mieux comprendre l’artiste et son oeuvre.
À travers une série d’huiles, Roopam Gujadhur impose sa signature de portraitiste. Le regard singulier de chaque sujet en dit long sur leur état, qu’ils soient une jeune femme noire au sourire éclatant dont la posture révèle le mouvement de son corps, le regard espiègle d’une petite Népalaise, celui d’une vieille femme de même nationalité qui recèle une histoire de vie, d’un moine qui se retourne dans la foule, un geste qui lui confère une identité, une danseuse de ballet attendant dans les coulisses, des fumeuses Smoking woman 1 et 2 parmi tant d’autres, ou encore… et pourquoi pas, un lion. Roopam Gujadhur concède que chaque nouvelle entreprise constituait un défi à relever. « I have started with what is considered as difficult. And each time it was a new challenge », affirme-t-elle lors d’une rencontre avec Le Mauricien. Pour elle, le défi est certainement de pouvoir capter l’atmosphère et de la reproduire fidèlement à travers sa peinture.
Elle maîtrise également le portrait sur porcelaine. En effet, l’artiste a, durant un séjour en Italie, suivi un cours de peinture sur porcelaine et sur terre cuite. Elle en a produit une série dont une vingtaine sont exposés au MI. Portrait of 2 women s’avère être riche de par la fluidité des couleurs, la finesse du travail qui relève le sens du détail de l’artiste. La sensualité marque aussi les images de femmes indiennes portant des pots en terre cuite. Elle peint, en outre, des scènes de vie de village, des pêcheuses mettant leurs poissons à sécher ou encore des paysages. Roopam Gujadhur s’essaie aussi dans les multityques avec Blue landscape et la reproduction de La Naissance de Vénus de Botticelli. Les deux sur six carreaux de marbre. La religion qu’elle soit chrétienne ou hindoue l’inspire également. Natraj, Gunesh, Krishna… sont présents dans ses travaux sans oublier des temples comme le Mahabaripuram en Inde.
Étant mariée à un Mauricien, des thématiques et des paysages locaux lui sont aussi familiers. C’est ainsi qu’elle reproduit la faune et la flore locales. Les coquillages et les oiseaux dont le dodo ont une place privilégiée dans son travail surtout sur porcelaine et terre cuite. Dans cette série, elle expose aussi quelques objets qui pourront être utiles comme des petits coffrets.
Roopam Gujadhur affirme ne pas avoir de thème de prédilection mais touche à tout ce qu’elle voit autour d’elle. « Je travaille toujours à partir des photos et dès qu’une image me frappe surtout de par sa difficulté, je la dessine ». « I am always experimenting and I love this. It gives me joy and happiness. »
L’exposition de Roopam Gujadhur est ouverte du lundi au vendredi de 9 h à 17 h et samedi de 9 h à midi. Elle prend fin le 30 août.