Les défenseurs des singes tirent la sonnette d’alarme. 8 992 macaques à longue queue de Maurice ont été vendus à des laboratoires en 2014, représentant une augmentation de 2 937 par rapport à 2013. Ces chiffres, qui viennent du ministère des Finances, choquent et font réagir l’association de protection des animaux de laboratoire, la British Union against Vivisection (BUAV). Celle-ci dénonce une augmentation de 48% d’une année à l’autre. Les singes ont été exportés principalement aux USA et en Europe, incluant le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Espagne.
« La campagne Save Our Monkeys de BUAV condamne une augmentation inacceptable du nombre de singes exportés de Maurice et invite le nouveau gouvernement à prendre des mesures pour mettre fin aux souffrances infligées à la population de singes du pays. » C’est en ces termes que s’exprime l’association, engagée dans la lutte pour la protection des animaux depuis plus d’un siècle, dans un communiqué émis et publié sur son site le 5 mars. Dans ce communiqué, l’association rappelle également une récente visite de ses représentants à Maurice: « En février, une équipe de la BUAV a visité Maurice pour des réunions avec les ministres et responsables gouvernementaux, y compris une réunion avec Raj Dayal, ministre de l’Environnement, pour des discussions sur le commerce d’exportation de singes pour la recherche. Lors de cette visite, la BUAV a livré sa pétition, signée par 162 067 personnes, appelant à la fin au commerce des singes de Maurice. Cette pétition a fait suite à une enquête menée par la BUAV qui a révélé ce qui advient aux singes une fois qu’ils sont exportés de l’île Maurice. »
En effet, à travers une vidéo diffusée en ligne, la BUAV a mis la lumière le type de recherche pour lequel les singes sont utilisés et les souffrances qui leur sont infligées. « Cette vidéo, tournée dans les locaux du Max Planck Institute for Biological Cybernetics en Allemagne, a provoqué un choc international et des protestations », indique le communiqué. En plus des « chiffres choquants (qui) représentent un commerce de la misère et de la souffrance », la BUAV dénonce que beaucoup de ces primates exportés aux États Unis et en Europe, et capturés dans la nature, étaient destinés à la société Primate Products, une compagnie d’élevage de singes basée en Floride qui fait face à une controverse autour de son projet d’agrandissement, dans le but d’approvisionner les laboratoires américains en singes.
Ainsi, Sarah Kite, directeur des projets spéciaux BUAV, lance un appel aux Mauriciens: « Nous exhortons les gens de l’île Maurice à s’exprimer et à se joindre au nombre croissant de personnes qui veulent que Maurice interdisse le commerce cruel de singes. » Elle souligne que ces exportations renvoient une mauvaise image de Maurice: « Ces chiffres choquants représentent un commerce de la misère et la souffrance de milliers de singes chaque année à Maurice et reflètent le côté négatif d’un pays qui tente de se promouvoir au niveau international comme une île paradisiaque pour les vacances. »
Le communiqué indique que des dizaines de milliers de singes, capturés dans la nature, sont retenus dans des fermes à travers l’île, où ils se reproduisent pour que leur progéniture soient exportés à des laboratoires. La BUAV y dénonce ainsi la cruauté affligée à ses primates qui vivent emprisonnés et loin de « la végétation luxuriante de leur habitat, la jungle. »