Selon le ministre du Business et des Coopératives, Sunil Bholah, avec la compétition grandissante sur le marché européen, l’AGOA (African Growth and Opportunity Act) représente un moteur qui mène le textile mauricien aux États-Unis. « Nous devons, cependant, secouer la mauvaise interprétation qui fait penser que l’AGOA concerne seulement le textile. Il y a, en fait, environ 7000 produits qui sont éligibles sous cet accord », a-t-il fait ressortir, à l’ouverture d’un atelier de travail sur les exportations vers les États-Unis à l’intention des PME.
Sunil Bholah a affirmé que c’est un fait qu’à part le textile, l’AGOA n’a pas eu d’impact significatif sur les autres exportations mauriciennes « même si elle nous offre aussi des opportunités pour d’autres produits, dont des chaussures, des sacs à main ou encore des montres qu’on peut fabriquer à Maurice ». Il a estimé que les États-Unis représentent un très grand marché qui offre aux entreprises mauriciennes d’importantes opportunités de croissance. « J’ai à l’esprit le secteur de la bijouterie, les accessoires en cuir, les broderies, la pyrogravure, les travaux en métal, les peintures sur soie, entre autres, pour le marché touristique », a-t-il ajouté. Selon le ministre, les produits de mer, de même que l’ingénierie légère et autres produits en plastique ou en métal sont des candidats potentiels qui peuvent aider Maurice à diversifier ses exportations sous l’AGOA aux États-Unis.
M. Bholah a estimé qu’il est temps de prendre avantage de l’AGOA pendant les huit années qui restent et aussi de penser à l’après-AGOA « car ce mécanisme n’est pas destiné à être permanent ». Et d’ajouter: « À mesure que Maurice progresse sur le plan économique, notre commerce doit s’adapter et évoluer vers une nouvelle architecture commerciale afro-américaine », a-t-il déclaré. Pour lui, « il n’y a pas de temps à perdre, nous devons redoubler nos efforts pour rattraper ce que nous avons perdu durant les dernières 16 années d’existence de l’AGOA ». Le ministre met en exergue par ailleurs : «  Alors que nous devons continuer à avancer dans le textile, nous devons aussi prendre des mesures immédiates pour diversifier notre base d’exportations sous l’AGOA. »
Pour sa part, la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Maurice, Melanie Zimmerman, a rappelé que sous l’AGOA, les entreprises dans des pays éligibles, dont Maurice, peuvent exporter leurs produits vers les États-Unis « with no tax duties and no quotas ». Et de faire ressortir : « Que pouvez-vous donc exporter vers les États-Unis? Just about anything, sous l’AGOA qui s’applique à une large gamme de produits. Ce qui signifie que pratiquement tous les produits fabriqués à Maurice sont éligibles hors taxes et sans quota sur le marché américain ».
Selon Melanie Zimmerman, Maurice a exporté des produits tels que des vêtements, des verres solaires, des bijoux, des fleurs et aussi de la confiture aux États-Unis pour une valeur de 395 millions de dollars en 2015; ce chiffre serait en hausse année après année. Mais, a-t-elle ajouté, Maurice peut faire beaucoup mieux. « Environ 90% de ses exportations vers les États-Unis sont le textile et les vêtements, et un des objectifs de cet atelier est d’encourager les entrepreneurs mauriciens à considérer l’exportation d’autres produits, dont le miel mauricien, que j’aimerais voir sur les étals des supermarchés américains ou encore le fameux limon de Rodrigues », a déclaré la chargée d’affaires. Il est important, selon elle, pour les entreprises mauriciennes de « break into the US markets so they can get established there when AGOA expires ».